INTRODUCTION
l'Être sapréme, en sigalant leur origine commune , leurs moyens, leur but, nous n'avons d'autre dessein que celui de purifier cette grande image de la Divinité, de tous les parasites qui, depuis des siècles, vivent de l'exploitation de son nom. En vain MM. de Rome et de Loyola traiteront ces pages d'œuvre d'athéisme, celui qui les écrit croit fermement en Dieu, à l'immortalité de l'âme, au mérite et au démérite, à toutes les vérités éternelles que le créateur a déposé dans la conscience de tous... Mais il ne croit ni auxbrahmes, ni aux bonzes, ni aux mages, ni aux derviches hurleurs ou tourneurs, ni aux hiérophantes, ni aux aruspices, ni aux druides, ni aux prêtres, et il refuse d'accorder à ces gens qui font Dieu à leur image, et le mêlent à leurs luttes d'ambition et de parti, le droit de parler en son nom.
Je suis persuadé, comme au temps de Gicéron, qu'ils ne peuvent toujours point se regarder sans rire...
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VNE NUIT A MADUHJL
jnétais fi Madtira, la^TÏÏle sacrée de Deyanagaj el de son fils .Qnistna...
Un soir que fayais êtô visiter les ruines du palais d0 Eansa, et de la tour où ce tyran fit enCarmer la vierge mère, je m'étais arrêté pour rêver à mon aise« au mi« Uen des tronçons de colonnes, des chapiteaux abattus, et des statues colossales des dieux mutilés et à demi en* fouis...
Le soleil baissait rapidement à Thorizon, le chant du padial ramenant ses troupeaux se faisait entendre de toutes parts dans la plaine, les éléphants sacrés rentraient à la pagode avec une abondante moisson d'herbes fraîches et de cannes à sucre. Et je regardai le crépuscule envahir la terre estompant au loin les montagnes, les bois, les rivières, d'ombres qui de tous côtés s*agrandis* salent avec une fantastique rapidité... En face de moi, le temple dédié à Ghristna dont la masse imposante est une des merveilles du sud de l'Inde, disparut bientôt dans la nuit.
Tout à coup le timiram ou chant des morts, éclata dans les ténèbres... Les brahmes procédaient à l'office du soir, et dans le silence que la nuit avait apporté avec elle, les paroles de cette hymne lugubre, montèrent distinctement jusqu'à moi.»*
c Us sont partis laissant à la terre leurs corps, qui sont devenus la proie des chacals immondes et des vautours aux pieds jaunes, et leurs âmes errent maintenant au
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fond des abîmes à la merci de Yarouna qui chfttie les mé- •chants.
c C'est en vain, quand les iakchas les rongent» leur déchirent les entrailles, qu'ils essayent d'invoquer Yama; la justice du dieu des enfers, après mille ans de souffrances, les fera renaître encore pendant mille générations dans le corps d'un tchandala... >
La voix grave et sonore des brahmes commençait le pre- •mier vers de la strophe, que la foule des fidèles achevait en poussaut des cris aigus et de lamentables gémissements, sur Je sort des morts chassés du séjour céleste. . «
Hs continuèrent longtemps ainsi : l'être qu'ils invoquaient était le dieu du châtiment, et parmi ces trois mille hommes agenouillés qui se frappaient la poitrine pour conjurer sa colère... pas un incrédule à la voix du prêtre, pas un qui osa se lever et dire au brahme : Tu mens ! l'être suprême n'est pas tel que tu nous le représente, il ne nous a pas créés pour déchirer nos entrailles, pour se faire le boiurreau de nos corps et de nos âmes et mettre sa félicité dans notre souffirance...
Non I Tout le monde priait et croyait!
Et ce n'était pas cette puissance infinie, que les védas ont si bien chantée, qui domine et règle les mondes, arbitre souverain de tout ce qui existe, matière ou intelligence... que cette foule invoquait... CTè talent les gnêmes, les iak* dias, les Tampire8,les dévas, les rakchasas, inventés par les prêtres pour faire oublier Dieu, et terroriser les peuples à leur profit!...
Et je me mis à réfléchir à ^es superstitions innombrables, à ces fables mystérieuses, à toutes ces ridicules croyances enfin, dont les pasteurs d'hommes abreuvent l'humanité, depuis des milliers d'années, se transmettant leur formule dans le silence des pagodes ou des églises. Tortujranti brfdant, massacrant leurs adversaires au nom de
Dieu, qui n'est plus dans leurs mains qu'un odieux épou« vantail...
Et il me semblait entendre dans la nuit du passé, les cris de toutes les victimes que les chants des bourreaux ne parvenaient pas à étouffer. Quel effroyable concert!
c Nous sommes les bouddhistes et les mages massacrés par les brahmes; nous sommes les Birmans massacrés par les bouddhistes; nous sommes les Amalécites, les Âmoréens^ lesSaducéens égorgés par Tordre de Moïse; nous sommes les Hébreux décimés par les lévites... Nous sommes les victimes de l'inquisition, les martyrà des bûchers d'Espagne et de Rome... Nous sommes les Yaudois, les Albigeois, les protestants de la Saint-Barthélémy, les Gamisards. Nous sommes Savonarole et Jean Hussl... >
Et je voyais à travers les âges, chaque fois que les peuples semblaient se calmer, chaque fois qu'un vent de miséricorde et de fraternité commençait à souffler au milieu d'eux, un homme se lever, se disant l'envoyé de Dieu. Et il poussait de nouveau les peuples les uns contre les autres, et au milieu dos ruisseaux de sang et des milliers de cadavres qui couvraient la terre les brahmes, les bonzes et les prêtres venaient saluer cet homme, et ils disaient aux victimes : Adorez la main qui vous châtie, celui-là est Voint du Seioneur f
Et les peuples anéantis par la superstition et la peur, se courbaient plus bas encore, jusqu'à ce que leur front fût souillé par la boue sanglante,... et ils priaient pour leurs bourreaux, et ils bénissaient celui qui les frappaient en murmurant : — C'est la justice de Dieu qui nous ch&tie de nos crimes. Éternelle jonglerie de ces hommes qui se prétendent les élus du ciel... ils passent toujours armes et bagages, avec tout leur arsenal de prières, de dévas, d'anges, de démons, de génies malfaisants, du côté des massacreurs de peuples f...
Et seul sur cette vieille 'terre de l'Inde dont toutes les sources de la vie ont été taries par le despotisme sacerdotal, je songeais, en cette nuit, qu'il serait utile et bon, de dire 1*0 ri gi ne de toutes ces incarnations, de tous ces rédempteurs, de tous ces prophètes de la bonne nouvelle, do
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tous ces âls de Dieu, sascité par les lévites de tous les pays, pour mieux asservir le monde sous leur joug démoralisateur
Ils ont déjà couvert le passé de bûchers, de ruines et de désolations» montrons que sous chacun de leurs pas on retrouve une trace de sang, et arrachons leur l'avenir I
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