‹ Études indianistesChapitre 87 sur 122 · Bible dans flnde, page S4â · texte numérisé non relu

Bible dans flnde, page S4â

yeroQA bientôt par d'indiscutables monnments chronologiques, rimpossibilité de ces récits fantaisistes.

Après avoir abrégé les livres sacrés de l'Inde dans tout ce qui touche à la Genèse, aux traditions primitives et au déluge. Moïse traite de la môme manière les traditions historiques des Égyptiens. Dans son désir de donner un passé au peuple d'esclaves né d'hier qu'il gouverne, il ne s'applique pas plus à expliquer, à rendre logique la tradition historique, que la tradition religieuse.

Toute cette partie de son livre n'est qu'une course au clocher, pour arriver rapidement au mythe d'Abraham, et à l'histoire apocryphe des patriarches, pères prétendus du prétendu peuple de Dieu,,.

Et quels curieux épisodes. Nous déûons nos aruspices modernes, de raconter sans rire la fable delà tour de Babel à d'autres qu'à des petits enfants.

Isaac, Jacob^ Joseph, ne sont là que pour donner aux parias d'Egypte une origine moins méprisable, aux yeux des peuples voisins, mais rien n'y flt, et à cette époque où dans la constitution sociale, une nation ne perdait pas plus sa sa caste qu'un homme, les peuples d'Egypte, d'Arabie, d'Asie-Mineure n'oublièrent Jamais la naissance servile des Israélites, c'est avec peine qu'ils voyaient ces gens, sortis d'une classe impure suivant eux, vivre autrement que dans la servitude. Aussi Assyriens, Égyptiens et Babyloniens, ne se firent point faute de faire rentrer dans l'esclavage, à période fixe, ces parias qui avaient brisé leurs chaînes*

Il est impossible d'expliquer autrement cette ligue de tous les peuples leurs voisins, contre les Hébreux.

La Bible prétend que Dieu châtiait ainsi son peuple, chaque fois qu'il avait commis quelques fautes graves. Nous n'admettons pas la main de Dieu d'une manière immédiate et particulière dans l'événement historique;|BUlieu de mêler constamment l'Être suprême à nos discordes, à nos tristes faiblesses, nous préférons croire l'homme indépendant et libre et ainsi sont également les actes qui émanent de sa volonté.

Us font en vérité une belle besogne ceux qui ne peuvent

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écrire deux pages d'hiatoire, saos attribuar à la Providence lee actes de folie de l'iuimaniié.

Toutes les sociétés antiquet ont eu leurs ilotes, leurs esolaves et leurs parias, et les Hébreux foreot biea la caste servile de l'Egypte.

L'époque patriarcale terminée, Moïse aborde le récit de sa mission, deâ moyens employés par lui pour soustraire les Hébreux à Pharaon, et de sa fuite au désert.

Là le merveilleux s'accentue, les buissons s'enflamment et parlent, les verges se changent en serpent, les mains se couvrent de lèpre et se guérissent à volonté, du matin au soir Jéovab n'a plus d'autre occupation que de parler k Moïse : Fais ceci, et puis cela; va trouver mon peuple, va trouver Pharaon, et comme le roi d'Egypte ne veut point consentir à la délivrance de ses esclaves, Jéovah unit par se lâcher, il envoie des grenouilles, il envoie des sauterelles, ks prêtres de Pharaon renouvellent les mêmes miracles , la lutte prend des proportions colossales : cette fois le Dieu de Moise envoie une telle quantité de moucherons, que les sorciers égyptiens s'avouent vaincus et que le roi d'Egypte va céder.

On croit que c'est fini, non, il reste encore à Jéovah quelques miracles à placer; cela xte peut point se terminer eomme cela.

c Et il dit à Moïse : Va vers Pharaon, car j'ai endurci son «œur, et le cœur de ses serviteurs, afin que j'opère mes prodiges sur lui. • (Éxode).

Et les ulcères, les pluies de fou, la grêle, de pleuvoir sur la tête des Égyptiens; leurs troupeaux meurent, la famine tes décime, Pharaon demande grâce encore,... mais Jéovah ne veut pas céder, il nage au milieu de ce sang, il se cornplslt au milieu de ces tortures, de ces maladies...

t C'est pour que tu racontes à tes fils et à tes neveux, combien de fois j'ai brisé les Égyptiens, et les prodiges que f ai laU s«r eux^ i — ditrU à Moïse t (Éxodê.)

Et comme bouquet, il fait périr en nne seule nuit, tous les ûls aînés des Égyptiens, à commencer par celui du roi... et, satisfait de ce dernier triomptie, il n'endurcit plus le cœur de Pharaon, et les Israélites peuvent enfin s'enfuir au désert, où les maltieureux ne firent que changer de joug, car au moindre murmure'àla moindre lassitude dans l'immense plaine de sable, Moïse au nom de Jéovah les fait massacrer par milliers par les prêtres.

Arrêtons- nous là, notre but étant dans,' ce chapitre, moins d'ajouter de nouvelles preuves à celles que nous avons donnés dans notre précédent ouvrage, de l'origine brahmanique de la société hébraïque et de l'œuvre de Moïse, que de mettre en regard de l'idée de Dieu aux primitives époques des pa« triarches indous, l'idée de Dieu telle qu'elle se dégage de l'é* poque patriarcale d'après la Bible.

Lorsque nous aurons étudié dans tous ses détails, la révo* lution religieuse, qui, en donnant le pouvoir aux prêtres dans l'Inde, renversa les pures croyances delà religion natu* relie, nous reviendrons logiquement alors, avec des argu* ments nouveaux, à la domination sacerdotale établie par Moïse sur le modèle de celle des brahmes indous et des hiérophantes d'Egypte.

Cette première partie de l'œuvre du législateur hébraïque, ne nous donne sur la divinité que des notions absurdes, su* perstitieuses et cruelles ; ce n'est point là le Dieu de Manou et des védas, le Dieu que priaient les patriarches Soudama et Adgigarta, et que Yalmiki chantait dans l'hymne sublime de rUyraniagharba.

Moïse en copiant les traditions anciennes sur l'unité de Dieu, la Genèse et les premiers hommes, laisse échapper à chaque pas, les signes évidents de Tinfiuence des idées de son époque, qu'il fut obligé de subir, et pour conduire un peuple abruti par la souffrance et un long servage, il dut recourir à tous les sortilèges, à tous les mensonges par lesquels régnaient les prêtres de son époque, et faire de Dieu un grossier épouvantail.

Et voilà ce qu'on nous donne comme étant la révélation.

Ahl si au lieu de ces contes étranges, de ces hommes vi-

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vant près cTun millier d'années, de ces récits immoraux de Loth, de Thamar, d'Abraham chassant de sa maison Âgar et son fils qui était aussi le sien; si au lieu de ces grossiers prodiges, de ces massacres ordonnés par Jéovah, devant lesquels proteste le plus vulgaire bon sens, la primitive société biblique, eût ressemblé à la société patriarcale de l'Inde, si le Dieu d'Israël n'eût été représenté qu'armé de mansuétude et de pardon; si, inspiré par les hymnes, les prières, les préceptes de Manou que nous avons donnés plus haut, Moïse eût basé ses doctrines sur l'immortalité de l'âme et eût donné à son peuple, une ligne de conduite, morale, pure, rationnelle, conforme aux lumières de la conscience; si au lieu du vol, du pillage à main armée, des massacres, du rapt des filles vierges, «- autem reiervate vobis puellas, — Moïse leur eût en* seigné la pratique des vertus privées et humanitaires, que connurent les anciens ermiêes dont Manou nous a tracé la règle...

Sans admettre ces apparitions de Dieu, indignes de sa puissance et de sa majesté, sans croire qu'il ait choisi des hommes pour leur faire connaître sa volonté, alors que sa sublime voix se fait entendre constamment à la conscience de tous, nous dirions cependant :

« Oui, votre révélation ^est sainte et divine, elle date du premier pas de l'homme sur la terre, c'est cette lumière inté* rieure qui préside à tous nos actes, pour les nommer mauvais ou bons, qui entretient en nous les notions de Dieu, de l'infini, et de l'immortalité, et nous donne la foi en une éternelle justice, faite surtout d'amour et de pardon.

Votre révélation serait belle,... car elle serait la RaUon et nul ne pourrait contester la filiation divine delà raison, à moins de nier Dieu.

Nier Dieu, c'est-à-dire le mouvement, la pensée, la vie; remplacer la suprême intelligence par le magnétisme, le fluide et l'attraction universelle!

L'athéisme est une follet

Oui, mais votre Dieu ne saurait être le nôtre, nous ne pou« vous nous agenouiller devant Jéovah luttant avec les sor« ciers de la cour de Pharaon, massacrant les peuples, confon«

146 LES FILS ns DISU.

daut dans sa edère» Us innocanU^ les aplanis al Isa vieiUaa fammes, ordonnant de réaeiYer las jaunas qu'il accordait à aaa guarriars après la batailla, quand ils avaient auffisann ment égorgé da Ghananéens, d'Amorr btena et d'Amaléoitas» pour satisfaire sa vengaanoa. i

Vous étiez mieux avisés autrefois, quand tenant les paiH pies courbés sous 1^ joug» voua défandie« la lecture da aaa atrocités.

Gomment voules*vous que l'esprit le plus simple» s'il n'a point façonné sa raiaon &la croyance servile, ne se demanda pas avec étonnement» pourquoi Ghaaaan, n'était point ûlle de Jéovab au même titre qu'Israél, ai comment il se poo* vait faira que l'auteur da toutes cbosea lança les peuples les uns Qontrales autres pour las faire s'entrenlévorer comme des fauves.

Et alors celui qui pense» s'aperçoit en sondant le passée qu'il en a été partout ainsi depuis la chute de la religioa naturelle qui fut la véritablOj la seule loi de Dieu; que par* tout les brahmes, les bonzeSi les propbôtes, les lévites, les fû» de Dieu» ont cacbé l'image da rÉtre auprôma derrière les mystères de la superstitiout souillé son culte par les massacres, les hécatombes et les b4obara»«.

£t songeant au Zeus irrévélé» dont les premiers ^es du monde, ont célébré la sagesse, la puissance et surtout la bouté, il sa preud à redira avec la poète indou :

*< Je ne te connais pas, mais je sais que tout n'est que par toi, et rien en dehors de toi^ que tu existes par ta propre puissance, que l'inâni, l'immensité, l'espace, ne sont rien pour toit Je ne te connais pas, 6 Narayana, mais je sais que tu es et as toujours été, et cela me suffit pour attendre la fin, qui sera ma naissance en toi, >

Jéovah n*«8t que le Dieu des prêtres I

l'id£b nv Dou IMLM0 l'indb. i4i

GHAPITRB Y.

iram MB OOHFBiBNEZ 9AB hh BOLBt (L'éisto«ttMifM4

Lorsque Bayk, au siècle dernier» disait aux sectaires xûmains : — c Dieu a connu d'avance la chute des angee, il a su d'avance que l'homme, abusant de son libre arbitre, pécherait et qu'il tomberait dans le mal, et cela en vertu de sa prescience. Pourquoi donc les a-t-il créés? i II lui fut répondu : Vous ne comprenez pas la Bible l

Bayle faisait cette objection à la fable catholique seulement, car, dans le sens du déisme et de la loi naturelle, l'homme n'a jamais changé de situation sur la terre, ses imperfections viennent de l'état inférieur dans lequel Dieu l'a placé. Dans ces simples traditions de la conscience, il n'y a qu'un mystère: la Création,

La croyance biblique au contraire, débute par une absurdité : l'homme créé dans un état de perfection relative, ne devant connaître ni le travail, ni les souffrances» ni la mort, perd cette heureuse situation par une faute, quelques instants après sa naissance.

De là l'objection : — Dieu, dans sa prescience, connaissait d'avance cette faute que l'homme allait commettre, pourquoi Fa-t-il créé ?

Un éerirain catholique d'un grand talent, M. de (ïenoude, a essayé de répondre à cette objection autrement que par ht pàrase consacrée : c Ce livre doit être lu avec les lumières de l'Ësprit-Saint , vous ne comprenes pas la Bible. > Et son argumentation, la meilleure de toutes celles qxd se soient

produites sur ce sujet, est devenue classique en théologie, malgré sa fragilité.

Voici ce raisonnement :

t L'argument (tiré de la faute du premier homme que Dieu créa, tout en sachant d'avance qu'il allait être obligé de le chasser du paradis terrestre) est de peu de valeur pour les hommes qui sentent le prix de la liberté. Dieu existe par lui-môme, il a voulu créer l'homme semblable à lui. Or> quel attribut nous élève plus haut que ce don de la liberté, qui met notre sort entre nos mains, et qui fait que ne pouvant nous donner nous*mémes notre existence comme Dieu, nous nous créons par notre liberté éternellement heureux ou malheureux.

t La liberté une fois donnée, il a bien fallu que l'homme méritât ou déméritât. De là tout le plan de Dieu : Son amour a dû s'arrêter devant le décret de la liberté de Vhomme. Et qui croirait en effet à sa liberté s'il ne pouvait en abuser; et si toutes les créatures étaient éternellement heureuses^ qui penserait qu'elles eussent eu jamais la possibilité de faiblir t La prescience de Dieu ne détermine point les actes de l'homme. Dieu voit l'avenir comme l'homme voit le passé. Ce que nous savons de Brutus n'a pas plus influé sur sa détermination que ce que Dieu en savait de toute éternité. >

(De Genoude,)

Nous comprenons qu'une pareille dialectique fasse la joie des séminaires. Mais, après le plus léger examen^ on s'aperçoit que ce raisonnement n'est qu'un grossier trompe-l'œil, et que l'objection de Bayle sort de cette attaque plus irréfutable.

En effet :

Nous ne prétendons point que Dieu ait influé sur la détermination d'Adam ou de Brutus, que sa prescience ait attenté àleur liberté... non t Nous admettons qu'Adam a été parfaitement libre de manger sa pomme, et que librement Brutus a tué César... mais en quoi cela renverse- t-il l'objection de Bayle ?

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M. de Genoude a répondu à sa manière à Targament tiré de la prescience de Dieu, qui consiste à dire : Dieu connaît d'avance les actions des iiommes, donc ces derniers ne sont pas libres de ne les pas commettre.

Mais il n'a pas répondu à la question du philosophe du xviup siècle, qui ne met pas en cause le libre arbitre de Thomme, mais bien la bonté et la justice divine.

— Pourquoi Dieu , sachant Savanc$ qu*Adam allait pécher, et précipiier toute sa descendance dans la souffrance et la mort, a-t-il pu persistera le créer?

L'argument de Bayle attend encore un contradicteur t

Et voilà où on en arrive quand on veut faire Dieu à son image, que Ton n'a pas le courage de rejeter comme apocryphes et indignes de la raison, les fables nuageuses inventées par le despotisme sacerdotal.

Nous ne comprenons pas la Bible ! L'imprudence de ceux qui nous adressent ce reproche est grande^ ils ne comprennent pas que pour soutenir les aberrations de ce livre prétendu sacré, ils sont obligés de descendre à des impossibili^ tés de commentaires et de langage que le plus vulgaire sens commun ne saurait admettre, et que c'est chez eux que nous trouvons les armes les plus terribles contre la loi mosaïque.

Gomment M. de Genoude a-t-il pu écrire dans le passage qu'on vient de lire, en parlant de Dieu qui a créé l'homme libre : « Son amour a dû s'arrêter devant le décret de la liberté de Vhomme. »

Soyez complètement catholique romain, ne discutez pas» terminez tout par un acte de foi; ne voyez-vous donc point que la lumière vous tue?

Gomment, Dieu a prévu que l'homme allait commettre des fautes, mais son amour a dû s'incliner devant le décret de la liberté de l'homme. Où en arrivez -vous pour soutenir vos inepties, et ne craignez-vous pas de vous faire répondre :

t Dieu alors, quand il a rendu ce décret de la liberté humaine, devant lequel son amour s'incline, ne prévoyait point les fautes qui allaient en découler, autrement comment expliquer l'établissement du libre arbitre?... »

Voilà à quelles minuties de discussion en est arrivé la

théologie moderne pour ne vouloir abandonner aucun des legs du passé, aucun des mystères éclos aux plus tristes époques de l'humanité^ à Tombre des pagodes et des temr pies.

Nous ne comprenons pas la Bible 1 parce que nous prétendons qu'elle ne nous donne sur Tidée de Dieu que les notions les plus fausses et les plus superstitieuses^ parce que nous ne voulons point nous incliner devant ces miracles apocry* pbes, ces chefs de nomades corrompus et pillards, et que cd livre n^est pour nous que le code du sortilége« du mensonge^ de l'impureté et des massacres 1...

Eh bien 1 voyons, comment vous comprenez vous-mômes ce livre, qui est la base de votre foi religieuse.

Ce n'est pas aux incrédules que nous allons maintenant demander des arguments, c'est à un des plus célèbres d'entre vous que nous nous adressons; il est vrai que Bossuet ne fût pas son ami, que le Roi-Soleil ne lui trouva pas Téchine assez souple, et que Rome le censura quelque peu... Nous avons nommé Fénelon, on pourrait faire un plus mauvais choix.

Ce prélat voulait que la Bible fut enfermée dans l'intérieur des temples, et que la lecture n'en fût point permise aux fidèles. Que dire d'un livre contre lequel on est obligé de prendre de telles précautions, et qui n'est acceptable que quand on le détourne de son sens véritable pour n'y voir que des fictions et des figures...

Quoi qu'il en soit, voici les motifs que Fénelon invoquait à l'appui de son opinion :

c N'est-il pas à craindre que le commun des hommes, dont l'esprit n'est pas assez subjugué par l'autorité des livres saints, n*abuse de tant de choses mystérieuses et extraordinairement inspirées qu'on y trouve presque partout

c La plupart d'entre eux ne seraient-ils pas pour le moins fort étonnés de voir Abraham qui veut égorger son fils unique, quoique Dieu le lui avait donné par miracle, en lui promettant que la postérité de cet enfant sera labénédiclioa de l'univers; de voir Jacob inspiré par sa mèrQ faire le personnage d'un imposteur (quand il vola le droit d'aînesse de

rL'iDÊB BE DIEU DANS L'INDB. 4SI

âon 'frère EsaU, en se couvrant de peau de chevreau pour être pris pour son frère, par Isaac aveugle); de voir le peuple qui se vantait d'être conduit par la main de Dieu, sortir d$ VÊgyptB après avoir pittè Iss richssses des Égyptiens^ se révolter contre Moïse, adorer le vean d*or, iCsm^sr MtU missitim céleste qu'à massacrer les peuples wisins pour occuper leur plaee^ quoiqu'ils ne fussent pas moins corrompus qu'eux; de voir Job, qu'on leur propose comme un modèle de patience et de rési* gnation, maudire le jour de sa naissance, se vanter de n'avoir jamais mérité la peine qu'il souffre, et paraître dans l'excès de sa douleur accueer Dieu lui-même; de voir Samson, après tant de prodiges de force ^ de faiblesse, unir par être homicide de ininnéiiie pour tuer «n même temps ses ennemis; de voir David recommander en mourant à sonûls é^exéoukr la ^mtfeance qu'il n'œaif pat aeeômplie durant sa^; de voir une ànesse parler au prophète Balaam, et Nabucho» donosor paître l'herbe comme les bêtes ; de voir Osée, par l'ordre de Dieu, choisir pour femme une prostituée, et Judith tenir une conduite si étrange via^à-vis d'Holopherne (on sait qu'elle se prostitua A lui pour endormir sa vigilance et le tuer pendant son sommeil) ; etc....

c 11 faut avouer que si un livre de piété t^ que Vlmilatkm 4e ièsuS'Christy ou le Cmbai fpîriltiW, ou le guide des pécheurs, contenait la centième partie des difficultés qu'on trouve dans l'Écriture sainte, on croirait devc^ en interdire la lecture an commun des fidèles. •

Ainsi s'est exprimé Fénelon, et encore ft»t41 jugé à propos de passer sons silence de nombreuses scènes de la plus révolu tante immoralité.

Le passage relatif an vol des richesses des Égyptiens, mérite d'être cité :

c Le Seignenr dit à Moïse : Et je signalerai ma faveur sur ton peuple, en présence des Égyptiens, et quand vous sortirez, vous n'irez pas les mains vides.

c Bt les femmes demanderont, commesi elles voulaient les emprunter, à leurs maîtresses et à leurs voisines des vases 4*or et d'argent, et des vêtements précieux, et vous les met-

irez sur vos fils et vos filles et vous en dépouillerez les £gyp« tiens. > (Exode.)

Moïse n'oublie point la recommandation, et plus tard il Texécute ponctuellement lorsque Pharaon consent à laisser les Israélites, ses esclaves, aller offrir un sacrifice dans le désert.

c Et les enfants d'Israël firent selon la parole de Moïse, ils demandèrent aux Égyptiens à emprunter des vases d'or et d'argent et beaucoup de vêtements.

« Et le Seigneur ayant inspiré aux Égyptiens l'idée de les prêter, ils dépouillèrent les Égyptiens. >

Et c'est devant de pareils exemples qu'il faut courber sa raison?

Voyez- vous bien le rôle odieux que Moïse fait jouer à Jéovah en cette occasion. ^-^ c Allez, insinuez aux Égyptiens que vous avez besoin de vases d*or et d'argent, et de vêtements précieux, pour offrir le sacrifice que vous allez accomplir au désert, et ces richesses vous les garderez, et vous dépouillerez les Égyptiens. >

Il n'y a pas de figure ni de commentaires qui tiennent, ce ne sont là simplement que d'odieuses leçons de pillage que rien ne saurait excuser.

Nous allons emprunter encore à M. de Genoude les opinions théologiques en honneur à Rome, sur la plupart de ces faits odieux, que Fénelon ne pouvait blâmer ouvertement étant prêtre catholique, mais qui, ainsi qu'on a pu le voir, ne laissaient pas que d'inquiéter singulièrement sa conscience.

Cet écrivain passant en revue les objections de l'évêque de Cambrai, y répond en résumant ainsi les opioions de l'école orthodoxe.

c Toutes ces objections peuvent arrêter le lecteur et Tôtonner; mais avec un peu de réflexion, il trouvera lui-même les réponses.

« Abraham était une figure de Dieu immolant son fils

L*IDÊE DE DIEU DANS l'INDB. 153

pour le salut des hommes, et Isaac une figure de Jésus-Christ acceptant le sacrifice. C'était ensuite un grand exemple de la foi et de la confiance que nous devons à tous les ordres de Dieu, lorsque nous sommes sûrs qu'il a parlé. Quant à la bénédiction reçue (en fraude) par Jacob, le subterfuge de Rachel n*a jamais été approuvé, seulement le droit d'aînesse n'a pas été suivi dans ce cas, pour montrer la constante intervention de Dieu dans la succession des hommes d'où le Rédempteur devait naître. (Écoutons tt!) Ce qu*on dit des Israélites qui enlèvent les richesses des Égyptiens n'est pas fondé, puisque Dieu est le maître des biens, et quU parlait lui-même aux Israélites, voulant punir les Égyptiens de l'oppression sous laquelle Us avaient fait gémir Israël. Les révoltes d'Israël sont l'image de nos révoltes continuelles contre Dieu^ et l'adoration du veau d'or, la figure de nos passions qui, sans cesse, donnent à la créature la préférence sur Dieu.

« Les Chananéens massacrés par les Hébreux étaient des idolâtres, qui immolaient des victimes humaines à leur dieu Moloch, et les Juifs portaient la croyance en l'unité de Dieu, qui était la vérité essentielle au genre humain.

c Job est l'image de l'humanité avant le Christ, il développe une vérité admirable^ c'est que l'homme peut être éprouvé quoique innocent, et tout en se plaignant des obscurités répandues sur les destinées de l'homme, il no se montre pas moins soumis à Dieu et ne se plaint que de ses amis. Samson n'est point homicide de lui-môme, il se dévoue comme Codrus et Decius. David, à l'heure de la mort n'ordonne ni vengeances ni supplices. (C'est faux! il les ordonne.) Il avertit seulement Salomon des dangers qu'il pourrait courir de la part d'hommes d'une fidélité suspecte. Salomon ne les frappa que parce qu'ils se rendirent coupables dans la suite. (Quelle argutie 1)

c On ne voit pas pourquoi il serait plus indigne de Dieu de faire parler un animal que de faire entendre une voix en l'air ou de se servir d'un autre signe pour intimer ses volontés à un peuple. L'ànesse a été choisie pour humilier l'orgueil de Balaam. Par la seule manière de traduire (en faussant le texte), nous avons répondu à ce qui regarde

I5i LSS FILS hm DSO.

Nabnchodonosor. Vipausê d$ fomicaiwii qm Dim ftdt prmàrê à Oséê^ $H une imêgê de Vunwn âê DUu aM« vu peuplé wupaiU de la proetituHen spiritueUe» Lola de blesser les mœurs» oe oonseil mettait an terme au désordre des mauvaises mœurs.

c L'action de Judith doit être Jugée d'après les idées ancienneSy et non d'après la morale chrétienne. Chez les Romains l'action de Hucius Scevola passait pour héroïque. On doit juger d'après cette règle les actions d'Aad, de Johel, de Judith et Samuel ayec Agag...»

Sommes-nous bien en face de gens possédant la plénitude du sens moral? Cette réponse de M. de Qenoude, qui est le résumé de tout oe que les théologiens catholiques ont in* venté de mieux, nous en ferait douter!

Gomment, c'est là tout ce que vous avez à nous offrir comme explications de ces horreurs qui» suivant Fénelon lui-môme peuvent troubler la conscience de l'homme, à un point qu'on ne les tolérerait pas si elles se trouvaient écrites dans un livre plus moderne...

Kous avions bien raison de dire que du moment où vous sortiez de Tacte de foi pur et simple, pour entrer dans la discussion, vous étiez vous-mêmes, les plus terribles enne« mis du livre et des doctrines que vous prétendiez soutenir.

En quelques lignes Fénelon signale de nombreux faits de la Bible, qui choquent toutes les lois de la conscience t Ce n'est rien, répondent les théologiens, et du premier coup ils achèvent de démolir Fœuvre à laquelle ils touchent.

Pour sanctifier le brigandage, le meurtre, llmpureté, les massacres de peuplades entières, ils en sont arrivés jusqu'à dire que tout cela n'était qu'une figure... que la loi ancienne n^était, dans l'esprit de Dieu, qu'une image de la loi nouvelle...

Et c'est ce que vous appelez du raisonnement, messieurs les casuistes... Et quand tous ces faits, tous ces actes odieux ne seraient, comme vous le dites que des figures... cela les empécheralt-il d'avoir existé t et ne voyez-vous pas que vous blasphémez en prétendant que Dieu a voulu prédire la forme de la religion nouvelle, par les turpitudes, les crimes et les impures actions de l'ancienne.

Ainsi : nous n'inventons pas, nous citons!

l'idée db mbu da^kb l'inde. 155

Abraham sur le point d'assassmer son fUêmtWM figwn ê$ Dieu iwtmoUmt $on fUê pour lemlui dt$ hommes,

Isaac qui va se laisser tuer sans muronurs, eH urne /Sfvrt •dn Christ acceptant le sacrifioe^.

Mais Toilà qoi est pins fort encore :

L'obéissance d'Ahraham, est un grmhd exemple de h foi et 4$ U eoufianee que noue deoonê à toue lee ordrte de Dieu, kreque noue wmmee sûrs qu'il a parlé.,.

Gela est tout bonnement éponvaatable, et ce qu'il y a de terrible, c'est la foi avec laquelle oes sectaires prononcent de pareilles paroles*

Avec ces doctrines tout se lôgitinM, les actes les plus odieux deviennent saints : Dieu commande un assassinat, il faut obéir...

Vous ûgurez*voas, à notre époque^ nn pèr«, qui après avoir assassiné son ûls, viendrait dire au jury : — C'est le Diea d'AJ>raham qui m'est apparu et qui m'a ordonné de l'immoler.

n n'y aurait pas deux manières de le ju^er : crime on folie.

L'échafaud ou Charenton.

Existait-il autrefois une autre morale. Non! mate voilà à quel excès d'aberration on atteint lorsqu'on persiste à mêler Dieu à l'événement particulier..^ à en faire le directeur de tous les actes de la vie de l'homme.

Poussons le raisonnement jusqu'à l'ertrâoke pour mieux Toir l'absurdité de la doctrine.

Le père tuant son ûls serait infailliblement condamné de nos jours, quelque raison qu'il invoquât. Et cependant qae répondrait un tribunal catholique, un tribunal comme mes* sieurs de Loyola voudraient nous en constituer encoxe aujourd'hui, au raisonnement suivant :

— c II est vrai, messieurs, que j'ai tué mon Ûls; mais je a'ai lait qu'obéir à l'ordre de Dieu, qui m'étant apparu, m'or« donna de le sacrifier. C'est avec douleur que j'ai subi cette dure nécessité* Mais m'étant souvenu d'Abraham et d*Isaac, je ne me suis point cru en droit de donner l'exemple de la désobéissance, j'ai levé le poig^nard au-dessus de la gorge de

mon ûls bien-aimé, et un ange n'étant point venu arrêter mon bras, je l'ai sacrifié. Ainsi l'a voulu le Seigneur, que son nom soit béni !...

Nous le répétons, que répondrait un tribunal catholique? et comment, avec la doctrine enseignée, condamner un homme qui invoquerait l'ordre de Dieu t

Après la sanctification du meurtre, écoutons celle du vol.

On sait que quand les Israélites eurent obtenu de Pha« raon la permission d'aller au désert sacrifier pour leur Dieu, ils soustrairent le plus qu'ils purent de vases d'or et d'argent et de vêtements précieux aux Égyptiens, à l'instiga* tion de Moïse, qui en avait reçu le conseil de Jéovah luimême.

C'est là un bel et bon acte de brigandage.

La réponse des théologiens, et de M. de Genoude, dépasse tout ce qu'on peut rêver.

« Ce qu'on dit des Israélites qui enlèvent les richesses des Égyp" tiens n'est pas fondé!,., puisque Dieu est le maitre des biens,et qu'il parlait lui-même aux Israélites, voulant punir les Égyptiens de Toppression sous laquelle. Us avaient fait gémir Israiélnt

Ainsi voilà qui est bien entendu, tout appartient à Dieu, il peut donner à un autre le fruit de mon épargne et de mon travail... il peut ordonner à un peuple d'en dépouiller un autre; le vol à main armée n'est plus qu'une question de permission divine, et cette permission, nous le voyons par rhistoire des monstrueuses querelles de l'humanité, le plus fort s'en est toujours targué !

Les révoltes constantes d'Israël pendant lesquelles les lévites massacrent quinze, vingt mille hommes par l'ordre du doux et puissant Jéovah, savez-vous, lecteurs, pourquoi elles avaient lieu ?

« Les révoltes d'Israël sont l'image de nos révoltes contre Dieu.

Toujours la figure! l'image! Est-ce aussi au figuré que tous ces gens-là ont été massacrés t

Le veau d'or qui fit, lui aussi, des milliers de victimes! c'est la figure de nos passions qui donnent à la créature la préférence sur Dieu,

l'idée db dibq dans l'indb. 157

Comme tout cela serait comique, si ce n'était pas taché de sang.

'\ Un seul et dernier exemple, car nous sentons le besoin d'en unir avec toutes ces turpitudes.

Une des plus fortes objections de Fénelon, est € quecê pew pl$ d'Isradl qui se vantait d*étre conduit par la main de Dieu,,, paraissait n* employer cette mission céleste qu*à massacrer des peu^ pies voisins pour occuper leur place, quoi qu* ils ne fussent pas moins corrompus qu'eux. >

M. de Genoude et la théologie répondent sans sourciller :

t Les Ghananéens massacrés par les Hébreux, étaient des peuples idolâtres, qui immolaient des victimes humaines à leur dieu Moloch, et les Juifs portaient la croyance en l'unité de Dieu qui était la vérité essentielle au genre humain. »

Voyez-vous ce peuple se constituant juge des autres peuples, et ayant droit de massacre sur eux, parce qu'ils adoraient Moloch, et qu'ils repoussaient la vérité essentielle dont les Juifs étaient dépositaires.

Après la lecture de ces misérables arguties, de ces indignes capitulations morales, de ces jongleries théologiques appliquées à la justification de tous les crimes les plus odieux, comme l'on comprend bien, à l'aide de quels subterfuges, par quels honteux moyens la domination sacerdotale s'est établie sur la terre.

L'époque patriarcale indoue, nous l'avons vu, fut le régne d'une croyance simple, pure et sublime. Dieu parlait à l'homme par la conscience, et les leçons d*une moralité sévère et même un peu ascétique que nous avons trouvées dans les prières, les invocations et les règles de piété enregistrées par Manou, étaient suivies de tout le monde.

La famille devient tribu, la tribu peuplade. Le prêtre parait, et bientôt de tous les côtés de l'Inde râlant sous le brahmanisme, les peuples se soulèvent, mettent des chefs à leur tôte et se hâtent d'émigrer pour échapper au despotisme des brahmes.

Ainsi lodha et ses guerriers, s'échappant par le nord et les plateaux de l'Hymalaya, vont coloniser l'occident.

Ainsi Manès tt r6s eompagnons s'en Tont peupler la Perse,. rAsie-Mineure et TËgypte, et plus tard la Grèce et Rome.

Mais les émigrants <mi emporté avec eux une plaie vire qui ne se fermera pas, même aia lieux où ils ont été chercher un refuge. L'organisation sacerdotale les suivra dan& leur fuite, elle deviendra la loi des sociétés anciennes; Manès rimposera à TÉgypte, MinoB à la Grèce, Moïse à Israél.

Et ee dernier ne semMera rejeter les dieux que ses devan* ciers avaient multipliés à plaisir, que pour mettre sur la lôte d'un seul, Jéovah, toutes les superstitieuses folies, toutes ks cruautés des siècles passés.

Nous ne savons en vérité comment on ose encore parler de la sublime révélation mosaïque.

Qu'a donc prèebé MoXae?

La peur plutôt que Tamour de Dieu.

La peine du talion, oail pour œil, dent poixr dent.

Le vol et le pillage.

Le massacre de tontes les nations qui ne consentaient point à subir le joug.

Gomme morale^ il n'épargnait à la guerre que ks ûlks vierges qu'il abandonnait à ses forbans, après avoir prélevé la part des lévites. Il a ordonné de ne prendre ni la. femme, ni le bœuf, ni l'âne du voisin, mais il volait ke vases d'or des Ëgyptkna et les femmes des Amalécites...

Aussi, résultat prévu, ne parvint-il à former qu'une nation de pillards, que tous ks peuples de l'antiquité traquèrent, poursuivirent et châtièrent comme elk k méritait

Et c'est ce farouche sectaire, couvrant toutes ses aetîons, tous ses crimes» sous le voile d*une figure, qu'on veut noue donner comme modèle^, et, grâce à eela, le meurtre, k vol, et le massacre des nations inâdèles deviennent un symbole dek future £glise. Les Hébr%ax n'ont point vok ks Égyptiens putsfal Diiu Itur a donné la jMrmimo» de It faire. En nuu»acrant les Ghananéema» les Hébreux étaient également dans leur droit, foitqm cet ptiipki éfaMnC iàUdtrm.

G'est ainsi qu'on raisonne encore en plein dix«neaviéme siéele 1

Ge n'est pas assec que de pareilles dootcines aient i

L'IDÉB I» DIMV DANS I^'lNDB. |5^

glanté le moyen âge, que rinqoisition ait allumé ses btchers aux quatre coins du monde ; que sous le seul règne de Philipe U d'Espagne, soixante-douze mille Espagnols aient perdu la vie au milieu des flammes, dans la chambre de tortures, ou sur la paille humide des cachots de Torquemada; ce n'est pas assez de toutes les guerres de religion, de tout le sang versé depuis dix-huit siècles...

U est toujours là, cet homme funeste qui de tout temps s'est trrogé la droit d'asservir la peasée et de torturer les corps, il est toujours là attendant le moment favorable pour ressaisir son autorité, et de nouveau étendre sur le monde ce vaste deuil de la liberté, qui enraye pour des siècles le libre arbitre de l'humanité, jette les peuples dans la pous- Blére, et les rois sous le talon de Rome.

11 est toujours là f n nia pas modifié ses dootrines, depuis le jour où sortant de derrière l'autel où le pieux Indou faisait ses offrandes à Dieu, il se créa brahme, c'est-à-dire oint du Seigneur et fils de Dieu. Il est prêt, comme au temps de Moïse, à massacrer encore les Ghaoanéens, à ouvrir de nouveau les prisons du saint-ofice... Il n'abandonne rien du passé.

Heureusement que le paaaé l'abandonne 1

On ne croit plus à lui... mais on croit mieux à Dieul ,

IGO LBS FILS DE DISU*

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