CHAPITRE VI
UMB LâQBNDS DB LA BIBLB. — LB LÉVITB d'ÉPHRAIM.
A ridée de Dieu au temps des patriarches indous nous avons opposé Tidée de Dieu telle qu'elle se dégage de l'œuvre de Moïse. Opposons maintenant à la légende védique la légende de la Bible; il en est qui ne sauraient être trop vulgarisées.
LB LÉVTTB d'ÉPHRAIM.
{lÀwre du Jugu.)
c Un lévite qui habitait sur le penchant de la montagne d'Ëprhalm, avait pris une femme de Bethléem qui, est en Juda.
c Sa femme le quitta, et étant retournée à Bethléem, en la maison de son père, elle demeura chez lui pendant quatre mois.
« Et son mari la suivit, voulant se réconcilier avec elle, et parler à son cœur et la ramener, et il avait avec lui un serviteur et deux ânes. Sa femme le reçut bien, et l'introduisit dans la maison de son père; celui-ci ayant appris sa^ venue, et l'ayant aperçu vint à sa rencontre avec joie.
c Et ayant embrassé sa femme, il demeura dans la maison de son beau-père durant trois jours, buvant et mangeant à son aise.
« Le quatrième jour, le lévite se levant avant le jour vou*
l'idée de dieu dans l'indb. 161
lut s'en aller, mais son beau-père le retint et lui dit: Mangez un peu auparavant pour vous fortifier, et après tous partirez.
c Ils s'assirent donc et ils mangèrent et burent ensemble, et le père de la jeune fille dit à son gendre : Je vous prie de demeurer ici aujourd'hui, afin que nous nous réjouissions encore.
c Or le lévite, se levant voulut s'en aller, mais son beaupère le conjura avec tant d'instance qu'il le retint chez lui.
c Le lendemain matin le lévite se préparait à s'en aller, mais son beau-père lui dit de nouveau: Je vous prie de manger un peu auparavant, afin qu'ayant pris des forces, vous vous en alliez quand le jour sera plus avancé ; ils mangèrent donc ensemble.
< Et le jeune homme se leva pour s'en aller, avec sa femme et son serviteur, mais son beau-père lui dit encore : Cîonsidérez que le jour est fort avancé, et que le soir approche, demeurez encore chez moi aujourd'hui et réj ouïssons- nous^ vous partirez demain pour retourner en votre maison.
c Son gendre ne voulut point consentir à ses prières ; mais il partit aussitôt et vint près de Jébus, qui s'appelle aussi Jérusalem, conduisant avec lui ses deux &nes chargés et sa femme.
c Et ils étaient déjà près de Jébus, et le jour se changeait en nuit, lorsque le serviteur dit à son maître : Entrons, je vous prie dans la ville des Jébuséens, et passons y la nuit.
€ Son maître lui répondit : Je n'entrerai point dans la ville d'un peuple étranger, qui n'est pas des enfants d'Israël, ' mais je pousserai jusqu'à Gabaa.
« Et quand je serai arrivé là, nous y demeurerons, ou du moins en la ville de Rama.
« ils traversèrent donc Jébus, et continuant leur chemin, le soleil se coucha près de Gabaa qui est dans la tribu de Benjamin.
« Et ils allèient à Gabaa, pour y demeurer, et y étant entrés ils s'assirent sur la place de la ville, et personne ne voulut les recevoir, ni leur donner l'hospitalilé.
1€9 liBS woji vm JbiBQ.
c EtTOilà sur le soir^un vieillfln*d qui revenait des champs aiurèe son travail» ek qui é4ait lui-même de la montagne d'Ëphralm et qui demeurait comme étranger en la ville de GabMi; car les iMmmea de eea coatcéea étaient enfanta de
« CSe visiUard^ levant les yeux, ^l le lévite assis sur la place de la ville, avec son léger bagage, il lui dit : D'où venefr vous^ où alle&-voaa t
f Le lévite répondit : Noos sommes partis de Bethléem en Jada« et nowi retournonâ en notrei maison qui est sur le pMhchftnt de la montagne d'Ephralm d'où nous étions allés en Bethléem, noua allons maintenant en la maison de Dieu» et personne ne veut nous recevoir sous son toit.
c Nous ne demandons que l'hospitalité, car nous avons de la paille et du foin pour les &iies, avee du pain et du vin pour mol, ma femme et mon serviteur.
• Le vieillard lui répondit : La paix soit avec vous. Je vous donnerai tout ce qui vous sera nécessaire. Je vous prie seuleme&t de ne point rester sur eette place.
€ Et il les introduisit dans sa maison,, et il donna à manger aux ânesy et après que le lévite et sa femme eurent lavé leurs pieds il les reçut à sa table.
c Pendant qu'ils mangeaient, fatigués du chemin, et qu'ils se rassasiaient et se désaltéraient^ des hommes de cette ville qui étaient des enfants de Bélial, c'est-à-dire sans frein, vinrent et environnant la maison du vieillard, commencèrent à frapper à la porte, criant au maître de la maison et lui disant : Faites sortir cet homme qui est entr,é chez vous^ afin que nous abusions is lui.
t Le vieillard sortit pour leur parler et leur dit : Gardez- I vous de commettre un pareil acte sur un homme à qui j'ai offert l'hospitalité 1
c J'ai une fille nierge^ et cet homme a sa femme, je les amènerai toutes deux vers vous, et vous assouvirez sur elles votre passion ; je vous prie seulement de ne point commettre cet acte à regard d'un homme qui est mon hôte.
t Et comme ils ne voulaient rien entendre, le lévite amena lui-même sa femme, et la mettant à la porte^ m'abandonna
L*IOÉE DE Dnsa DAKS L^lNDB. 16S
à leurs outrages. Et après avoir abttsô d'elle pendanl tavite nuit, le matin ils la laissèrent.
c Et la femme, lorsque lés ténèbres de la nuit se diseipaient, revint à la porte de la maison où était couché son ibari, et y resta étendue.
c Le matin, le lévite se leva et ouvrit la porte ponr coii<ânuer sa route, et il vit sa femme gisant devant la porte, les mains étendues sur le seuil.
€ Croyant qu'elle était endormie il lui dit : Levez-vous €ft allons nous en; mais elle ne répondît rien. Il reconnut qu'elle était morte, et il la prit et la mit sur son âne et retourna en sa maison.
c Arrivé chez lui, il prit un couteau et partagea le corps de sa femme avec ses os en douze parts, et envoya une part à chacune des tribus d'Israël.
« Ce que les enfants d'Israël ayant vu. Sis s'écrièrent : Jamais rien de semblable n'a été foit en Israël depuis le jour que nos pères sortirent d'Egypte... »
Cet épisode, que nous ne voulons point citer en entier, se termine par la destruction presque totale de la tribu de Benjamin à qui appartenait la ville de Gafoaa. Mais après cette exécution en masse, les Hébreux regrettèrent d'avoir exterminé une de leurs tribus, et pour réparer le mal, comme il restait encore cinq à six cents hommes de la descendance de Benjamin, ils envoyèrent dix mille d'entre eux, égorger tous les habitants de la ville de Jabes-Galaad, hommes, femmes, vieillards, petits enfants, dans l'unique but de s'emparer le toutes les vierges qu'ils pourraient rencontrer en cette ville, pour faire des épouses pour les Benjamites échappés au massacre; et c'est ainsi que la tribu de Benjamin fut reconstituée.
Voilà les récrits dont la Bible juge à propos d'émailler de temps en temps l'histoire du peuple de Dieu, et c'est par ces aimables et poétiques épisodes, qu'elle se repose du brigandage et du massacre des peuples voisins qui, suivant M. de Genoude, ne possédaient pas les vérités essentie^es révélées aux Hébreux, qui permettaient à ces derniers de tuer les idolâtre» et d'enlever leurs filles.
La Bible étant définie ainsi par l'école théologique romaine :
La parole de Dieu consacrée par la tradition et fixée par la sainte Écriture !
11 s'ensuit, et c'est l'opinion admise, qu'il n'y a pas une ligne, pas un mot qui ne soient révélés, dans ce livre étrange... bâti de pièces et de morceaux, par Moïse et les prophètes, au profit d'un despotisme théocratique inintelligent et barbare.
Singulière révélation que celle qui ne se complaît qu'au milieu des plus révoltantes obscénités, et conçoit un Dieu qui fait connaître sa volonté par de tels moyens.
Vous vous trouvez en face d'un assassinat : Dieu l'a ordonné, donc il est légitime.
Toute une nation est passée au fil de l'épée : figure du châ« timent que Dieu réserve aux méchants.
Le lévite d'Epbraïm abandonne sa femme & une troupe d'hommes qui, pendant toute une nuit, abusent d'elle et la violent :
C'est une figure de la parole de Dieu prèchée au milieu de populations idolâtres et corrompues qui la méconn eussent.
Osée reçoit l'ordre de Dieu, de se choisir une femme parmi les filles faisant métier delà prostitution :
Et M. de Genoude s'écrie sans sourciller :
c Lépouse de fornication que Dieu fait prendre à Osée, est une image de Vunion de Dieu avec un peuple coupable de prostitution spirituelle ttt >
Voyez-vous Jéovah qui d'un côté, fait violer des femmes jusqu'à ce que! mort s'ensuive, pour montrer le sort réservé à sa loi, chez les méchants, et de l'autre, fait épouser des filles de joie, comme image de son union avec un peuple coupable de prosti^ tution spirituelle.
Quel dévergondage d'esprit et de langage f
Quel pervertissement de la conscieoce I
Faut-il s'attrister ou rire ?
Et dire que ceux qui ne veulent point se mettre à genoux devant de pareilles turpitudes, tout en faisant au vrai Dieu dans leur cœur, un temple d'humilité, de reconnaissance, de
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fol et d*amour... sont traités d'athées et de brigands par toute une caste, qui n'admet rien d'honnôte et de vrai en dehors d'elle.
Quand je vois Dieu avec sa majesté sereine planer audessus de DOS tristes querelles, sévère dans sa justice pour l'homme parce qu'il l'a créé libre, plus enclin au pardon qu'au châtiment en raison de l'imperfection de notre nature, quand je dégage son image de toutes les turpitudes bibliques qui ne sont que des inventions humaines, c'est en vain que vous me lancez vos foudres et vos anathémes, ma conscience est tranquille ; car celui qui lui parle n'a besoin, pour se faire entendre d'elle, ni des buissons ardents, ni de r&nesse de Balaam, ni de Moïse, ni des prophètes ni des rédempteurs 1
Continuez à voir dans le mariage d'Osée avec une fille publique, une image de runion de Dieu avec un peuple coupable de prostitution spirituelle.,, mais ne riez plus du prêtre océanien qui fait avaler la lune au dieu Thi. Il n'est que ridicule, et vous, vous êtes des blasphémateurs 1
Nonl jamais Dieu n'a légitimé ni le pillage, ni l'assassinat, ni les massacres de nations, ni le rapt des vierges, ni l'impureté, et c'est en vain que vous tentez de rattacher à la majesté divine, la cruauté et l'obscénité de vos légendes.
Vous êtes bien les héritiers des lévites d'Israël I Tinquisition, la Saint-Barthélémy, le massacre des Vaudois, les bûchers sacrés de la foi, une longue suite enfin de supplices et de proscriptions, vous relient aux égorgements en massedela loi mosaïque...
Pourquoi, remontant plus haut dans le passé, n'avez-vous point préféré vous rattacher aux patriarches et aux moralistes de l'Indouslan, qui avaient émis sur la divinité et le rôle de l'homme sur la terre, des idées autrement sublimes que celles du législateur hébraïque?
Vous les avez connus cependant ces livres sacrés de l'Orient, dans lesquels vous avez puisé les principes de morale l'idée delà trinité, vos sacrements, et toutes les cérémonies de votre culte. Mais vous n'avez copié que le brahmanisme, e'est- à-dire la révolution sacerdotale. En remontant jusqu'à
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la religion naturelle vous rendiez au monde la viritép l'unilô de Dieu et la liberté.
Pouvant émanciper vous avez dominé 1
Vous avez préféré rester prêtres t
Reposons*nous du lévJLta (^'fipliralm par rbymne d'Tavana et Nourvadj.
I^'lDâfi DB DOBU I>AN8 L'INDB. fif/
CHAPITJEIE VIL