‹ Études italiennesChapitre 10 sur 41 · XVI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XVI AVERTISSEMENT

vaille, dégageant avec labeur, des gros et savants volumes dont il salue l'apparition, ce qu'ils contiennent d'important et d'inédit, et montrant enfin, par son propre exemple, comment il faut épier et ramasser les sucs les plus nouveaux pour maintenir en parfaite fraîcheur le miel de l'histoire. Dans cette besogne de t recenseur >, par laquelle il initiait le public lettré aux renouvellements progressifs de la connaissance historique, M. Geffroy se mettait tout entier, avec sa culture générale et son amour du détail précis, avec ses vues d'ensemble et sa riche et consciencieuse mémoire, avec la belle fraîcheur de ses impressions et l'active jeunesse de sa pensée: et dans ce genre du compte rendu, où les personnalités médiocres s'effacent en une naturelle pâleur, la sienne, malgré sa discrétion coutumière, est éclatante de vie.

L'ouvrage de M. de Reumont lui donne l'occasion de tracer, avec des couleurs personnelles, un tableau de Florence au temps dcsMédicis; et fidèle à son habitude d'éclairer les civilisations les unes par les autres, il rapproche le gouvernement florentin des gouvernements de l'antiquité : on observe en effet, en lisant celte suite d'études, que jamais il n'appartenait tout entier au livre qu'il lisait, et cette adresse singulière à laisser son attention captive, et puis à l'émanciper, est assurément la meilleure façon de comprendre un livre et d'en profiter, surtout d'en faire profiter autrui; elle suscite de lointaines associations d'images et d'idées qui sont comme une reconstitution des trames mystérieuses de l'histoire; elle permet de se rendre compte que l'histoire se répète, et que les trames dont elle est faite ont plus d'une analogie avec la tapisserie de Pénélope; elle fait discerner enfin, sous l'intérêt anecdotique qui s'attache à une époque déterminée, l'intérêt humain qui est commun à toutes les époques.

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