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AVERTISSEMENT XVII

La publication des œuvres de Guichardia, et le travail considérable de M. Pasquale Villari sur Savonarole, amenèrent M. Geffroy à passer en revue d'autres phases et d'autres aspects de Thistoire florentine : ce fut une fortune heureuse, car les pages sur Savonarole, que donna la Revue des Deux Mondes en 1863, nous semblent compter parmi ses meilleures : nuancées, pénétrantes, elles mettent en branle l'imagination, le rêve, même le cœur. La mode, à cet instant de notre siècle, était de prêter à tous les réformateurs religieux, de quelque taille que fût leur personnage, de quelque valeur que fussent leurs idées, une certaine complaisance à commettre des supercheries et la faculté d'être à demi sincères avec le public tout en demeurant parfaitement sincères avec leur conscience d'hommes providentiels. Renan, surtout, insinuait toujours que les héros religieux auxquels son sourire rendait hommage avaient su s'accommoder à la crédulité de leurs contemporains et se servir de l'imbécillité de la foule ; derrière l'apôtre, il pressentait et il voulait surprendre le bon apôtre, et lorsqu'il s'imaginait en avoir saisi quelque signe, il ne croyait point que l'auréole fût tachée; ce n'était pour lui qu'une nuance de plus. On verra, dans le chapitre sur Savonarole, comment M. Geffroy, résistant à la contagion de l'exemple, à l'irrésistible attrait que parfois on éprouve à tempérer l'admiration par une médisance ou la dévotion par un blasphème, sut expliquer par des accoutumances scolastisques ce qu'il y avait d'étrange, d'extraordinaire, d'inquiétant, dans certaines des visions et des prophéties qui courbèrent Florence sous la discipline de ce moine. Ces pages reviennent à leur heure, puisque cette année même on célèbre à Ferrare le quatrième centenaire de la mort de Savonarole; et les réflexions de M. Geffroy sur les sentiments de l'illustre Frère Prêcheur à l'endroit des beaux-arts

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