AVERTISSEMENT XV
Ils risquent d'autant moins d'être effacés par Toubli, que Tintelligente affection de sa veuve s'est efforcée de les mettre en relief, de les fixer une dernière fois, par le choix qu'elle a fait de deux ouvrages posthumes. D'une part, le livre sur V Islande avant le christianisme d'après les Gragas et les Sagas f édité à la librairie Leroux en 1897, est un exemple de monographie érudite concernant une période et une civilisation que l'ignorance banale traiterait volontiers de préhistoriques : M. Geffroy, passant outre à nos surprises, interroge ces chants et ces codes qui sont, pour tous les peuples enfants, le frontispice de l'histoire en même temps qu'ils en contiennent la matière première ; il sait comprendre leurs réponses, transposer leur langage, et, derrière ce qu'ils disent, deviner ce qu'ils ne disent pas ; la curiosité historique comporte un perpétuel exercice d'induction, et M. Geffroy aimait à s'y livrer, avec autant de sûreté que de succès.
C'est, en revanche, avec un tout autre caractère et sous un tout autre vêtement que se représente à nous le talent de M. Geffroy, dans ce second volume : Études italiennes, recueil d'articles publiés dans la Rtvue des Deux Mondes ou dans le Journal des Savants, et consacrés à Florence et à Rome. Nous n'avons point affaire, dans la plus grande partie de cet ouvrage, aux doctes et patientes enquêtes d'un homme de science ; nous voisinons avec un esprit alerte et sagace, perpétuellement éveillé, butinant avec tact et prestesse parmi les découvertes érudites qui se multiplient autour de lui, poussé par la passion du vrai, servi par le solide agrément du style, soutenu par la volupté de la trou-