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XVIII AVERTISSEMENT

et sur l'intluence artistique qu'il exerça sans d'ailleurs le chercher S méritent d'occuper une place à part dans la procès de Frère Jérôme, que l'histoire semble instruire à nouveau.

Quant à Guichardin, tel que le fit connaître M. Geffroy d'après les dix volumes d'OEuvres inédites publiés par M. Ganestrini, il nous apparaît comme le type parfait de ces hommes de la Renaissance, admirables d'intelligence, enviables à jamais par l'opulence de leur activité, inimitables par rinfîni déploiement de leurs facultés, mais dignes de blâme, aussi, et parfois dignes de mépris, pour un certain culte raisonné de leur intérêt personnel, et pour l'aisance volontiers cynique avec laquelle ils transportaient dans la direction de leur propre vie ces maximes d'égoïsme qui, pour les diverses nations, commençaient à être le fond de la politique. Lorsque l'on constate, tout ensemble, les contradictions que présentent entre elles les deux périodes de la vie publique de Guichardin, et l'élévation de pensée, toujours grave, parfois hautaine, dont témoignent ses écrits, on inclinerait tout d'abord à prononcer le gros mot d'hypocrisie. Nullement. La Renaissance, même la plus corrompue, échappa du moins à un vice, et ce fut celui-là. Elle ne s'abaissait pas à cacher les défaillances de la pratique derrière la solennité des théories, la laideur du vice derrière l'éloge des grandes choses, la servilité aux tyrans derrière un culte affiché de la liberté ; elle juxtaposait tout cela, sur le même plan, dans

1. 11 est intéressant de rapprocher de certaines pages de M. Geffroy, et en particulier de celles sur Savonarole et Michel- Ange, Tarticle de la lievue des Deux Mondes du 15 décembre 1896, où M. Julian Klaczko, à propos de la Chapelle Sixtine, note avec beaucoup de finesse 1' « affinité élective » de ces deux génies.

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