AVERTISSEMENT XIX
un formidable emmêlement, et Ton eût dit qu'elle se corn* plaisait dans cet étalage hétérogène, qui lui semblait être la marque d'une exubérance de vie. M. GefTroy nous fait envisager, en Guichardin, c Thomme de son temps »; il ne le distingue par-dessus tous ses contemporains que pour ramasser en lui quelque chose de leur &me à tous; et d'une telle physionomie, montrée sous un tel jour, on pressent quel devient Tintérét.
Florence, un siècle durant, fit un travail d'élite pour la parure et pour l'éducation de l'humanité : c'est sous l'attrait de ce souvenir que M. Geffroy la goûtait ; et pour les grands hommes d'antan, dont Florence s'honore, son imagination eût souhaité d'être une amie. Ses sentiments à l'égard de Rome avaient quelque chose de plus intime et de plus profond encore : il aimait Rome comme on aime les êtres à qui l'on a fait le don de soi-même ; et la seconde partie de ses Éludes italiennes n'aidera pas seulement h mieux connaître le sujet même auquel elles s'appliquent, mais l'esprit et les tendresses de l'auteur.
M. Geffroy, de 1876 à 1882 et de 1888 à 1895, fut directeur de l'Ecole française d'histoire et d'archéologie, installée au palais Farnèse ^ : elle fut, à proprement parler, son œuvre; c au bout de peu de temps, écrit M. l'abbé Duchesne, il parut si bien fait pour l'Ecole qu'on n'imaginait pas plus Geffroy en dehors de la direction de l'Ecole, que l'École sans Geffroy à sa tête ». Expert à toutes les explo-
1. Un décret du 25 mars 1873 avait disposé que les élèves (le rÉcole d'Athènes devaient passer leur première année en Italie; et M. Albert Dûment, le futur réorganisateur de notre enseignement supérieur, avait été nommé « sous-directeur de l'École d'Athènes en résidence à Rome ». Puis cette succursale romaine de TÉcole d'Athènes acquit son autonomie sous le nom d'École de Rome; et tout de suite M. Geffroy en devînt directeur.