XX AVERTISSEMENT
râlions historiques, il était en mesure de diriger Finfinie variété de travaux auxquels se consacraient les membres de TËcole, tantôt dans le champ de Tantiquité, tantôt dans ceux du moyen âge ou de la Renaissance; fidèle toujours, fidèle plus que jamais, à sa doctrine sur c Talliance d'une instruction précise et variée avec une critique prudente, avec le talent de la généralisation, avec Tesprit philosophique », et passé maître en cet art bien français d* c exciter les esprits sans les dominer >, il profitait de son ascendant naturel pour rappeler aux jeunes travailleurs d'ori-
gine et de formation diverses, venus les uns de l'Ecole
normale, les autres de l'Ecole des Chartes ou de l'Ecole des Hautes Études, qu'il fallait c unir la science, considérée dans ses voies les plus spéciales, les plus étroites, et les vues générales, qui ne manqueraient pas de se dégager, mais après un sérieux examen > ; partout estimé parce qu'il poursuivait c la vérité avec droiture sans idée préconçue* » et parce qu'il enseignait aux autres à la
poursuivre comme lui, il savait rendre propice à l'Ecole française la c généreuse hardiesse ^ » du pape Léon XIII, qui livrait aux chercheurs VArchivio secreto et ouvrait plus largement la Bibliothèque vaticane; familiarisé avec toutes les délicatesses diplomatiques grâce à son tact naturel et grâce, aussi, aux missions d'ordre politique qu'il avait jadis remplies dans les pays Scandinaves, il avait l'art de s'installer, du premier coup, avec aisance et dignité, sur ce sol de Rome dont les révolutions contemporaines avaient fait un terrain mouvant, un de ces terrains où l'enlizement est une perpétuelle menace; merveilleusement apte, enfin,
1. Discours de Léon XIII au directeur et aux membres de rÉcole française de Rome durant les fêtes du Jubilé pontifical de 1892.