Discours de M. Gefîroy à Léon XIII
AVEliTISSEMENT XXI
à voir Taspect intéressant des hommes et des choses, il tira bien vite parti du séjour de Rome pour ses propres travaux. Ainsi sa studieuse émigration profitait à la science et à la patrie française, et la littérature historique n'y perdait rien : on s'en rendra compte en lisant certaines études reproduites dans ce volume : celle sur Rome monumentale, dans laquelle, lentement, du même pas que M. de Rossi et que M. Mûntz, il descend à travers tout le Moyen-Age, épiant la dernière poussir'.re des monuments antiques disparus ou la première pierre des nouvelles merveilles artistiques; celle sur les collectionneurs au XVIII® siècle, qui complète fort bien la précédente; et celle, enfin, sur Béatrice Genci, dans laquelle, à la suite de M. Berlololti, il détache discrètement l'auréole tout à fait usurpée dont l'imagination populaire et les détracteurs du pape Clément VIII avaient orné cette tôte de jeune fille, dès le lendemain de l'échafaud. Ceux à qui il fut donné d'approcher M. Gefifroy au palais Farnèse retrouveront dans ces articles le duce e maestro qu'ils écoutaient, ses souvenirs opulents et précis, ses sensations d'archéologue, le plaisir qu'il éprouvait à certaines exhumations, le zèle qu'il mettait à épeler des chapitres entiers d'histoire sur un fragment de ruine, et celte sévérité de conscience avec laquelle il immolait le pittoresque des légendes au souci plus fortifiant de la vérité toute nue.
Il y a quelques pages, au terme de ce livre, qui sont comme une plainte de son âme, nous allions dire, un cri; elles s'intitulent c la transformation de Rome en capitale moderne ». C'est en 1894 que M. GefTroy y mit la dernière main : on y devine le récit, discret et voilé, de ses propres souffrances. Nombreux sont les amants de Rome, et leurs colères sont terribles, lorsqu'ils constatent la transformation de cette ville, qu'ils voudraient inviolée. Mais ce sont