‹ Études italiennesChapitre 31 sur 41 · LXXXI · texte numérisé non relu

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vernement qui lui agrée est celle des oitimati ou des classes supérieures, à voir ses attaques soit contre la démocratie, soit contre les tyrans; mais il a Tair de désespérer en définitive qu'un système raisonnable puisse être jamais supporté par les Florentins, et on le voit donner des conseils aux tyrannies elles-mêmes pour déjouer toutes les attaques.

Qui dit un peuple dit vraiment un animal fou, plein d'erreurs, de confusion, sans jugement, sans stabilité, sans intelligence ^

Il ne s'étonnera pas de la servilité d^âme de nos concitoyens, celui qui lira dans Tacite comment Rome, habituée à dominer le monde, se courba si honteusement sous les empereurs, que Tibère avait la nausée de tant de bassesse ^.

Le ciment avec lequel se construit Fédifice de la tyrannie est le sang des citoyens. Que chacun s'efforce donc de ne point laisser jeter les fondements de telles murailles.

On ne fonde pas les Etats en coupant des têtes, on ne fait que multiplier par là ses ennemis : c'est l'histoire de l'hydîre. Cependant il y a des cas où le vrai ciment des États est le sang, comme la chaux est celui des édifices. La -distinction des cas ne se peut indiquer par règles précises : c'est de la prudence qu'il faut prendre conseil '.

Guichardin descend ici à Tun des derniers degrés de son scepticisme pratique : il admet les moyens les plus atroces pour peu qu'ils paraissent nécessaires à qui veut parvenir au but. Le scepticisme, voilà le dernier mot de sa doctrine politique. Sera-ce aussi celui de ses croyances religieuses? Les limites entre le doute, la superstition et la foi sont difiiciles à tracer chez les hommes de ce temps. Guichardin est trop

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