‹ Études italiennesChapitre 32 sur 41 · CCCLXXII · texte numérisé non relu

CCCLXXII

GUIGHARDIN 183

éclairé pour ne pas échapper aux excès par certains côtés, mais nous le voyons, en quelques-uns de ses ricordiy fort répugnant, il est vrai, à des pratiques, à des croyances, à des abus de son temps, et tout près de la révolte :

Je crois que les hommes, à toutes les époques, ont tenu pour miraculeux des faits qui n^avaient rien de tel; mais ce qui est certain, c'est que toutes les religions ont eu leurs miracles, de sorte que le miracle est une faible preuve de la vérité de telle croyance plutôt que de telle autre. Les miracles révèlent peut-être la puissance de Dieu, mais pas plus du Dieu des gentils que de celui des chrétiens. Il ne serait donc peut-être pas mal de dire que ce sont, comme les prédictions, des secrets de la nature au-dessus de rintelligence humaine ^

J'ai remarqué que, chez tous les peuples et dans toutes les villes, il y a des dévotions qui produisent de semblables effets. A Florence, Santa-Maria Impruneta fait la pluie et le beau temps; en d'autres endroits, j'ai vu la vierge Marie ou les saints opérer de même ; signe manifeste que la grâce de Dieu vient au secours de tout le monde, et peutêtre aussi que ce sont des choses qui existent plutôt dans l'esprit des hommes que dans la réalité *.

Ce que disent les personnes pieuses que celui qui a la foi fait de grandes choses, ou que, selon la parole de l'Évangile, la foi commande aux montagnes, ne signifie rien autre chose sinon que la foi crée l'obstination. Avoir la foi, c'est croire avec fermeté et presque avec certitude des choses qui ne sont point selon la raison, ou, si elles sont selon la raison, d'y croire avec une résolution plus grande que celle que donnerait la raison seule. Celui qui a la foi devient donc obstiné dans ce qu'il croit; il marche dans sa voie intrépide et résolu, surmontant les difficultés et les périls ^,

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