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Il a été dit avec vérité que le trop de religion gâte le monde, parce qu'il efféminé les âmes, abaisse les esprits vers mille erreurs, éloigne des entreprises généreuses et viriles. Je ne veux point pour cela déroger à la foi chrétienne, ni au culte qui est dû à Dieu, mais les confirmer et les augmenter au contraire en distinguant le trop du suffisant ^
A nul plus qu'à moi ne sauraient déplaire Tambition, Tavarice ou la mollesse des prêtres, soit parce que chacun de ces vices est en soi-même haïssable, soit parce qu'ils s'accordent si peu avec une vie consacrée à Dieu, soit enfin parce que, réunis, ils me paraissent dénoncer une corruption d'âme singulière. Néanmoins, la place que j'ai occupée auprès de plusieurs pontifes m'a forcé d'aimer leur grandeur. N'était ce sentiment personnel j'aurais, quant à moi, aimé Martin Luther, non pour secouer les règles prescrites par la religion chrétienne, telle qu'elle est interprétée et comprise généralement, mais pour voir réduite cette bande de scélérats à de justes termes : je veux dire à vivre sans vices ou sans autorité 2.
J'ai désiré voir trois choses avant ma mort, dont je désespère de voir une seule : un état de république bien ordonnée dans notre cité, l'Italie délivrée des barbares, et le monde délivré de la tyrannie de ces prêtres scélérats ^.
Ces attaques sont trop entièrement d'accord avec le célèbre passage de Y Histoire d'Italie contre la cour de Rome, au chapitre v du livre IV, pour ne pas nous révéler l'intime pensée de Guichardin. Évidemment le spectacle de l'église de son temps a soulevé chez lui de Tindignation et de la haine; son scepticisme paraît même avoir dépassé cette limite. Toutefois il demeure enveloppé, sans trop de résistance dans les habitudes religieuses de son siècle. Ce n'est ni la