ccxxxvi
religion sévère de Michel-Ange, ni la superstition peu gênante de Benvenuto Geliini, avec ses évocations et ses visions; mais il s*en va en pèlerinage accomplir des vœux à Lorette, il parait croire aux esprits et aux prédictions de l'avenir, nous Tavons vu mal affermi contre les magiciens et les sorciers. Du moins, s'il dispute pied à pied à la Providence le champ d'action que d'autres lui font très large, il croit cependant à cette action bienfaisante et juste, et cherche plus d'une fois un refuge dans l'idée de Dieu.
Le magistrat, dans ses arrêts, ne doit pas subir le contrôle des hommes; mais il reste soumis à celui de Dieu, qui connaît s'il a bien jugé ou prévariqué.
Ne dites pas : Dieu a aidé celui-ci parce qu'il était bon; il est arrivé malheur à celui-là parce qu*il était méchant. C'est souvent en effet le contraire qui se vérifie, et néanmoins on ne doit pas accuser la justice de Dieu, ses desseins étant si profonds qu'il nous reste seulement à dire : Abyssus multa '.
Ces hautes pensées ont été la source persistante où il a puisé malgré tout plus d'une généreuse maxime, de nature à tempérer la trop commune aridité de son œuvre. Il savait voir les bons comme les mauvais côtés des choses, et la doctrine même de l'intérêt bien entendu l'invitait à préférer les moyens honnêtes. Sa hauteur d'intelligence le rendait d'ailleurs accessible aux honorables inspirations. Aussi pouvons-nous, à côté des expressions lesjplus détestables que nous ayons dû citer, placer des expressions différentes, qui nous remettront en mémoire le beau rôle auquel Guichardin a consacré une partie de sa carrière. Il s'y ajoutera ce qu'un