‹ Études littéraires et dramatiques de RenardChapitre 11 sur 86 · LE GRAND-PRETRE · texte numérisé non relu

LE GRAND-PRETRE

Fatalité cruelle! immuable destin!

Ton ascendant triomphe et l'emporte à la fin.

4a LES PÉLOPIDES.

Vainement à ses lois j'espérais vous soustraire : Ses arrêts sont portés quand l'homme délibère ; Et son pouvoir ici , l'emportant sur les dieux , Épaissit le bandeau qui vous couvre les yeux.

ATRÉE

Que m'importe un arrêt que ma volonté brave !

Je laisse faire au sort et n'en suis point esclave.

Mon courroux n'admet point tous ces lâches détours :

J'ai voulu me venger et je le veux toujours.

Il est dans cet asile un temple redoutable,

Monument d'une haine à jamais mémorable,

Où, ranimé sans cesse, un triste et noir flambeau

D'Erope et de son fils éclaire le tombeau.

Ce feu pur et sacré , cette flamme immortelle ,

Image de ma haine, aussi durable qu'elle ,

Ne cessera de luire en ce séjour de deuil

Que du jour où Thyeste y verra son cercueil.

Qu'il aille y retrouver son amante adultère ,

Cet enfant trop puni du crime de son père ;

Et ce feu que ma haine a pris soin d'allumer,

Avec elle, sur eux, pourra se consumer!

LE GRAND-PBETRE.

O pouvoir de l'orgueil! aveuglement funeste!

Inflexible courroux d'Atrée et de Thyeste!

Mépris des dieux ! du peuple et des plus saints traités !

Dans quel abîme affreux vous nous précipitez !

Je vois l'ambition , la sombre jalousie ,

Des enfans de Pélops armer la race impie.

Déjà son avenir est écrit dans les cieux...

Peuple , en cet lieux guidé par un xèle pieux ,

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