SCENE PREMIERE
ATRÉE
Oui , tout cède à mes vœux ; la colère céleste ,
En vain contre nies coups veut protéger Thyeste:
C'est ici qu'on l'entraîne, et déjà dans mon cœur,
J'apprête son supplice au gré de ma fureur.
Je vais jouir enfin des tourmens du perfide :
Qu'il reconnaisse Atrée au transport qui me guide î
Qu'il tremble !... à ma vengeance il n'échappera pas..
Asile redouté qu'habite le trépas,
Asile où, tant de fois, dans l'horreur des ténèbres.
J'apportai le tribut de mes plaintes funèbres ,
Je vais être vengé !... Tu ne me verras plus ,
Exhalant mon courroux par des vœux superflus ,
Dévorer chaque jour, à moi-même inutile.
Les regrets impuissans d'une haine stérile !...
Et toi , coupable objet de fureur et d'amour,
Dont la cendre plaintive attriste ce séjour,
Epouse que j'aimais et qui me fut parjure :
Tltyeste de ses feux doit expier l'injure...
Re^ois-1e chez les morts : c'est le prix qui t'est (h\.
Bientôt dans les enfers il te sera rendu ;
Et le sang du perfide immolé sur ta tombe,