‹ Études littéraires et dramatiques de RenardChapitre 17 sur 86 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ATRÉE, THYKSTF.

(Tbjretle «rrive conduit |»ar de* i;«rH.'« "» ATRÊE.

Viens, au moment de perdre une coupable vie, Perfide , vois ma gloire et ton ignominie î

THYESTE

Ta gloire n'est ici que l'orgueil d'un tyran;

C'est la haine , entre nous , qui doit marquer le rang...

Parlons, si tu le veux, des apprêts du supplice :

As-tu marqué le lieu, l'instant du sacrifice?...

Et cet instant , d'où vient qu'il semble différé P

ATRÉE

C*est la vengeance encore.

THYESTE

Eh bien! je l'attendrai...

Plus tranquille que toi... j'apporte ici ma tête; Et qu'importe l'instant quand la virtime est prête ! ATRÈE.

Le moment qui te reste à vivre dans l'effroi , Bien plus qu'on ne le pense, est important pour toi. Moi-même , je frémis du destin qui t'accable. D'un côté, ma vengeance... elle est inévitable... Et de l'autre, les dieux tout prêts à te punir !... Entre eux et moi, réponds... que vas-tu devenir.»*

5o I ES PÉI.OPIDES.

THY£STE

Oseft-Ui bien , barbare, attester leur justice, Et de tes cruautés rendre le ciel complice ! Oses-tu l'invoquer dans ce même palais, Où le jour refusa d'éclairer tes forfaits !

ATRÊE.

Sans doute, il applaudit au courroux qui m'anime. Puisqu'on nous voit ici , moi , juge , toi , victime.

THYESTE

J^es dieux accomplissant leurs décrets éternels ,

Souvent en les trompant conduisent les mortels.

Ils peuvent, à leur gré, modérant leur puissance.

Par un chemin secret marcher à la vengeance.

Renverser le tyran dont ils étaient l'appui.

Relever l'opprimé qui gémit aujourd'hui ;

Et, par l'heureux effet d'une prompte justice ,

Lui rendre l'espérance au bord du précipice...

Mais, trahi par les dieux, lorsque l'infortuné

Au fer du crime enfin se voit abandonné ,

La vengeance apparaît à l'instant qu'il succombe,

Et le glaive à la main , se lève sur sa tombe.

Puisse ma mort hâter ton juste châtiment !

Dans ce cœur, plus tranquille , un doux pressentiment

M'avertit en secret que ton heure s'avance...

Tu te troubles... déjà ton supplice commence.

▲TRà£.

Par tes vœux superflus le ciel est outragé.

THTBSTB.

Il est juste et puissant... Je serai donc vengé.

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