Scène
Le sujet que j'ai traité aurait pu comporter, je favoue, plus de variété dans le choix des personnages, et plus de mouvement scénique. On a trouvé que mon
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tciMMi j.rt liait, surtout, par une trop grande simplicité de moyens. Peut-être eùt-il été bon d y faire intervenir quelques personnages choisis dans la classe du peuple, et d'imaginer quelques sc*ènes appropriées au dëveloppoaient de leur langage et de leurs passions, ce qui, en ■n'oi&ant l'appui de cette espèce d'intérêt qui résulte des contrastes, aurait pu me conduire encore à mettre en action une partie de ce qui n'est qu en récits. C'est la Manière de Slwkespoare, et je reconnais qu'elle était applicable à mon sujet ; mais cette manière n'est pas la seule , et si elle a ses avantages, elle a aussi ses inconvéniens. EUle a notamment celui de trop disséminer l attention , de la promener sur une foule de détails accessoires ou étrangers même à l'action principale et d'affaiblir, en le divisant, l'intérêt qui s'attache à celle-ci.
J'ajouterai que plus on montre la prétention de chercher la réalité dans la peinture des mœurs locales ou dans l'imitation matérielle des individualités, plus on risque de tomber dans larbitraire et de n'embrasser qu'un fantôme ou de vaines apparences en poursuivant à travers la nuit des siècles, un but qu'il est impossible d'atteindre. Ce qui nous reste véritablement de l'histoire et ce que nous devons y chercher avant tout, ce n'est pas tant la forme accidentelle et transitoire du développement des faits particuliers , que la mérité éternelle du cœur humain dans tous les temps et dans tous les lieux.
Sans doute, il est bon de rechercher aussi la vérité dans les détails accessoires, et de donner, autant que possible, aux personnages le cachet de leur époque et
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(le leur individualité ; mais, je le repète, une prétention trop grande à la parfaite exactitude, est un écueil où viennent se briser nécessairement tous les efforts de Tart. On ne peut , quoi qu'on fasse , arriver qu'à une vérité approximative , et c'est à cela qu'on s'était arrêté, jusqu'à l'époque où le principe de la réalité fût inauguré par M. Victor Hugo, dans la préface de Cromwel. Or, est-il besoin de dire que c'était demander l'impossible, et n'est-il pas dangereux d'imposer à l'art un problème sans solution ?
Cette prétendue réalité dont on fait tant de bruit, n'existe et ne peut exister, en effet, que dans l'imagination de ceux qui la poursuivent sur les traces aventureuses de Walter Scott et qui veulent bien la prendre au sérieux. L'art a certaines limites qu'il ne peut franchir; limites qui lui sont imposées par la nature même des choses et par la mesure de ses moyens d'action. II a pour objet, non pas la reproduction matériellement exacte et littérale des personnages ou des faits, mais leur imitation plus ou moins satisfaisante, eu égard aux traditions historiques et aux ressources de la scène. Ce ne sont point des portraits , dans la rigoureuse acception du mot, qu'on vient chercher au théâtre, à moins qu'il ne s'agisse de personnages contemporains que le peintre a pu voir et toucher; cl dans ce dernier cas, encore, aurait-on bien le droit d'assurer qu'on est en face de la réalité? Nous avons eu sous les yeux des tentatives de ce genre, et quand même on aurait pu s'en déclarer satisfait, grAce à un concours heureux de circonstances particulières, est-