‹ Études littéraires et dramatiques de RenardChapitre 48 sur 86 · LUCÉNA · texte numérisé non relu

LUCÉNA

Le roi de votre zèle osait attendre un gage ;

Et c'est lui , non pas moi , que la révolte outrage.

Hâtez-vous d'expier un attentat si grand :

J'en exige de vous Tinfaillible garant.

Si la rébellion peut être disculpée ,

Pour vous justifier, rendez-moi votre épée.

DESPORCELS.

Venez, si vous l'osez, venez me l'arracher.

ALBERTI

Ce fer vaut bien aussi qu'on vienne le chercher; N'oserez-vous tenter cette noble entreprise.»* Elle est digne de vous.

DESPORCELS.

L'instant vous favorise ; Et nous voilà tous deux.

MONTFORT

Cessez...

LvcàriÀ.

Je vous entends...

Nous nous retrouverons quand il en sera temps.

MONTPORT.

Modérez devant moi l'ardeur qui vous emporte. Si la voix de l'honneur en vous est la plus forte ^

ACTK I, SCKNK II. lit

11 ne faut que rentoniire et la bien diriger. Chevaliers, quelle cause avons-nous à venger? La réponse un moment ne peut être indécise : C'est la cause de Dieu, du prince et de TEglise.

DKSPORCELS.

Eh quoi! toujours l'Eglise «î l'appui des rigueurs Qui long-temps ont flétri la gloire des vainqueurs ! Toujours Dieu quand il faut légitimer des crimes Et des assassinats !... Noms sacrés ! noms sublimes ! Sainte religion qui dois nous protéger ! Et toi, Dieu rédempteur, à la haine étranger, Pour notre humanité si rempli d'indulgence. Toi dont le règne heureux fondé sur la clémence Est l'auguste leçon des prêtres et des rois , Non , tu n'as point voulu que tes divines lois , L'exemple de ta mort et celui de ta vie. Fussent l'appui du crime et de la tyrannie !

ALBERTI

Digne ami , cet exemple en vain leur est offert : Semblable au Dieu de paix, vous parlez au désert.

MOXTFORT.

Faut-il encourager d'aveugles résistances ?

DESP0RCEL9.

Faites régner les lois.

ALBERTI

Quoi ! toujours des vengeance»

Et des proscriptions î

LvcknA»

J'ai du les conseiller.

Au salut de l'Etat , c'est à moi de veiller.

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