ACTE I, SCÈNE III
ALBBftTI.
Il t^i prot a nous lune!
riEALDO.
Il ne luit pas encore !
ALBERTI
A qui saura l attendre il ne peut échapper. Soufirons jusqu'à demain.... c'est rin<it:inr de frapper.
PiBÀLDO.
Cesl l'heure de punir.... Elle sera terrible! Oh ! quand de Procida si long-temps invisible, A mon oreille, ami, la voix retentissait, Combien, à ses côtés, mon cœur te souhaitait! Que ne puis-je, pour toi, du courroux qui lanime, Évoquer dignement Taccent mâle et sublime !
ALBERTI
Que ne puis-je te rendre aussi fidèlement Les accens furieux de Lucéna!
PàRALDO.
Comment!....
▲LBEHTI.
Nous venons de l'entendre : il est ici.
péRALDO.
Ce traître!....
Et qui nous le ramène ?
ALBERTI
Un ordre de son maître. Un décret émané des volontés du roi, Frappant du même coup Desporcels avec moi ; Qui des murs de Palerme à jamais nous sépare Et livre la Sicile aux fureurs d'un barbare !
i3o LES VÊPRES SICILIENNES.
PàRALDO.
Et Lucéna croit-il à temps exécuter
Cet ordre rigoureux dont il vient s'acquitter ?
ALBERTI
Il s*en flatte du moins.
PÉRALDO.
Qu'en penses-tu?
ALBERTI
Toi-même ?...
PiRALDO.
Je pense qu'en ces lieux son péril est extrême;
Et que, propice aux vœux qu'ici nous formons tons,
Un Dieu vengeur enfin Ta conduit sous nos coups.
ALBERTI
J'ai pensé comme toi.... J'ai bravé le perfide ; Et laissant éclater le courroux qui me guide , Hautement exprimé le refus d'obéir.
PÉRALDO.
Près de Montfort, ami, craignons de nous trahir....
ALBEBTI.
Je lui serais suspect si j'avais moins d'audace....
Et, le dirais-je enfin?... la contrainte me lasse.
Avant que Procida, relevant mon espoir,
De vous servir ainsi ne m*eût fait un devoir,
Si le ciel m'eût donné la triste prévoyance
Des affronts qu*il me faut dévorer en silence.
Ah ! que plutôt cent fois préférant votre sort,
Taurais bravé l'exil et les fers et la mort !
Quand de Mainfroi vainqueur et plus que lui perfide,
Charles se fut souillé d'un lâche paricide,
Dégagé des sermens qui m'unissaient à lui ,