ACTE H, SCÈNE III. i5i
Des ix)chers de Palerme aux champs de T Aragon, Tout est armé... tout s arme ou conspire en son nom. Rien n*est fait cependant, rien.... si la tyrannie Un jour de plus sur nous se levait impunie. Jurez donc aux clartés de ce pâle llamheau , Jurez par Conradin, jurez sur ce tombeau, Que Palerme, à jamais triomphante et vengée, Du dernier des tyrans demain sera purgée : Jurez tous avec moi vengeance et liberté !
TOUS LB8 CONJURÉS, tirant leur poignard. Vengeance et liberté !...
PROCIDA
Le sort en est jeté.
Ce sacriâce affreux, j'ai dû vous le prescrire : Allez , et qu'au succès chacun de vous conspire. Au sortir de ces lieux, protégés par la nuit, Par difFérens chemins retirez-vous sans bruit. Ici, j'attends encore à la faveur de l'ombre, Un renfort de proscrits dont j'ignore le nombre Et que Salviati par un heureux effort Au gré de mon espoir a reçus dans le port. Au-devant de leurs pas qu'un des nôtres se rende.
Et de toute surprise en mon nom les défende
Adieu... jusqu'à demain.
(Pendant que les conjurés se retirent , il s'entretient tout bas sur le devant de la scène avec Alherti et Pôraldo.)
i52 LES VÊPRES SICILIENNES.