SCÈNE IV
PROCIDA
Cet hommage de sang Le réprouveras-tu, Dieu vengeur et puissant? Quand nous osons braver les foudres de l'Église, Quand le fer est tiré voudras-tu qu'il se brise .^ Et ne vit-on jamais tes coups inattendus Frapper ceux que la terre appelait tes élus.»* Non, ce n'est pas en vain que mes soins, ma constance. Auront si lentement combiné la vengeance : En traits de sang, partout, l'anathéme est écrit. Mort à nos oppresseurs !... Heureux qui fut proscrit l Malheur enfin, malheur aux puissans de la terre! Malheur à vous, tyrans, qui déclarez la guerre A la cendre des morts, aux regrets des vivans ! Du deuil de la Sicile aujourd'hui triomphans. Un pied dans le tombeau, vous menacez encore; Et ce que Dieu permet, le Vatican l'ignore!... Impénétrable arrêt prononcé sans retour.
Enseveli pour nous dans l'avenir d'un jour; Et vous, muets témoins d'un courroux légitime, Emblèmes vénérés, cendre, tombeau, victime; Asile où retentit le plus saint des scrmens : De notre liberté soyez les monumens !