‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 10 sur 138 · V. 243 et · texte numérisé non relu

V. 243 et

l’heure, que s’est sans doute souvenu Virgile, le pieux et heureux disciple d’Homère. Parlant quelque part de l'influence exercée par la présence d’un homme respectable au milieu d’une émeute, le poète latin a dit : « Ainsi, quand dans un grand peuple éclate, , « comme trop souvent, une sédition, et que l’ignoble « multitude se livre à ses fureurs, les pierres et les « torches volent. Dans sa colère, elle se fait des « armes de tout. Qu’alors vienne à paraître un « homme recommandable par sa piété et ses ser- « vices, dès qu’on l’aperçoit, on se tait, on ouvre « une oreille attentive. Lui, par ses discours, gouc verne les esprits et apaise les cœurs 1 . »

Ce que Virgile bous montre sous forme d’une comparaison *, Homère nous le fait voir, à peu de chose près, en action. Il ne s’agit point ici, il est vrai, d’une émeute populaire, mais de la querelle entre deux princes puissants et violemment irrités, auxquels il sera d’autant plus difficile de faire entendre la voix de la raison et de la sagesse. Achille s’était assis, après avoir jeté son sceptre à terre. Près de lui, debout, se tenait Agamemnon frémissant de colère. Laissons maintenant parler Homère : « Au milieu « d’eux se lève Nestor, au langage persuasif; orateur « harmonieux des Pyliens, des paroles plus douces

1. Ae, veluti magno in populo cùm sæpe coorta est Sedi'io, s,rritque animis ignobile vulgus ;

Jamque faces et saxa volant,- furor arma ministrat. Tum pietate gravera ac meritis si forte virum quem Conspexere , silent, arrectisque auribus adstant. lüe regis dictis animos, et pectora mulcet.

(Æn. I, v. 152, sqq.) ,

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