‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 105 sur 138 · Æn . , V, v · texte numérisé non relu

Æn . , V, v

Et Virgile, se rappelant le passage d’Homère cité plus haut, l’introduit dans son récit, mais sous forme de comparaison seulement. « Moins rapides dans la « lice, les chars s’emparent de la plaine, et, répandus « dans la carrière, se précipitent. Avec non moins « d’ardeur les conducteurs secouent les rênes flot- « tantes sur la crinière des coursiers et se penchent « sur l'aiguillon »

Quel dommage que les personnages mis en scène par Virgile nous soient si peu connus et jouent un rôle si faible et si pâle dans le reste du poème ! Le lecteur voudrait les connaître par quelques traits caractéristiques, afin de pouvoir s’intéresser davantage à eux. Stace, mieux inspiré sous ce rapport, dans les jeux qu’il fait célébrer sur la tombe de l’enfant Archémore , ne met en scène dans sa course des chars que. des héros précédés de la renommée, et connus, la plupart, de la gloire: Polynice , Amphiaraüs, Admète , le père de l’Eumèle d’Homère, et beaucoup d’autres non moins illustres. Stace, malheureusement, sacrifie trop à d’inutiles détails. Il se perd dans la généalogie des chevaux , à la façon de Pindare , et leur donne presque autant d’importance qu’à leurs maîtres. L’impatience des chevaux est décrite en beaux vers. Stace peint ensuite avec chaleur l’ardeur des rivaux et le tumulte de la course. Il imite assez heureusement Homère. Il nous montre les conducteurs enveloppés dans un tourbillon de poussière; ils ont peine à se reconnaître les uns les autres La terre s’abreuve de l’écume et de la sueur des .coursiers; le bruit de leurs pieds se confond avec le bruit

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