‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 106 sur 138 · Æn.,\, T · texte numérisé non relu

Æn.,\, T

aigu des roues; l’air retentit du sifflement des fouets*. Mais revenons à Homère.

Les conducteurs, avec leurs chars, ont déjà plusieurs • fois tourné la borne, et voici maintenant qu’ils achèvent la dernière course en revenant vers le rivage. Ici commence réellement la lutte; c’est le moment où il s’agit pour chaque concurrent de l’emporter sur son rival. Homère, dans toute cette partie de son récit, nous fait véritablement assister aux événements; il y a là une rare puissance d’illusion ; nous prenons part à tout, que dis-je? nous nous passionnons pour tout.

Cependant les choses ont bien changé: ceux qui, en partant du rivage, avaient été les premiers, sont maintenant, grâce aux mauvaises chances de la lutte, les derniers; et les derniers sont devenus les premiers. Voici à la tête de tous Eumèle avec ses promptes cavales ; le second, c’est Diomède; ils sont bien près l’un de l’autre. Homère, pour marquer la faible distance qui les sépare, recourt à cette vive image : « Les chevaux de Diomède, dit-il, semblent à « chaque instant escalader le char d’Eumèle; de leur « souffle ils échauffent le dos et les épaules d’Eumèle ;

« ils volent, leur tête tendue jusqu’à lui 1 2 . * Les dieux interviennent ici: Apollon arrache le fouet des mains de Diomède, qui pleure de dépit en voyant ainsi ses chevaux ralentir leur course; et Minerve répare cette injustice par une autre injustice : elle rend le fouet à Diomède , mais en même temps elle brise le joüg des cavales d’Eumèle , qui s’écartent et renversent dans la poussière le char avec leur conducteur que de-

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