Thébaxde, VI, v. 396 sqq
vance l’heureux Diomède. Ainsi, dans Virgile, Gyas, retardé par une manœuvre de son trop prudent pilote, est dépassé p$r Cloanthe, qui garde, comme ici Diomède , le premier rang. Homère nous fait ensuite partager les efforts jaloux de Ménélas et d’Antiloque qui suit le frère d’Agamemnon. Antiloque veut dépasser son rival, et il se laisse aller jusqu’à menacer ses propres chevaux s’ils ne lui donnent pas la victoire ; il ne prétend pas les 1 voir devancer Diomède , puisqu’un dieu assigne à ce dernier la première place, mais du moins qu’ils atteignent ceux d’Atride. Mouvement bien naturel qui n’a pas échappé à Virgile. Il l’a embelli, à sa façon, par une de ces réticences qui laissent si bien deviner les secrètes pensées du cœur : après Cloanthe, quia dépassé Gyas, viennent les rapides galères de Sergeste et de Mnesthée , marchant de front. Mnesthée excite ses rameurs comme Antiloque excite ses chevaux; il ne demande pas, dit-il, le premier rang, — c’est le mot d’Eumèle dans Homère ,' — puis il ajoute, et c’est un admirable trait de vérité et
de passion: « Ah 1 si toutefois!! 1 Mais qu’ils
« l’emportent, ô Neptune, ceux à qui tu as donné de ‘ « l’emporter 1 . »
Il y a bien de l’ambition cachée dans cette exclamation de quanquam 6 ! qui lui échappe, et non moins de résignation forcée dans la pensée qui termine le vers. Antiloque, dans Homère, recourt à une ruse téméraire : Ménélas , pour éviter la rencontre des autres chars et pour les empêcher de le surpasser, a poussé ses chevaux sur les bords d’un ravin ;