‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 111 sur 138 · Théb., lib. VI, v · texte numérisé non relu

Théb., lib. VI, v

le front de son frère encore taché de sang et place les destinées de l’expédition et de la flotte sous les auspices de cette première victoire 1 .

Voyons maintenant le jeu de la lutte. Achille offre un trépied au vainqueur et une belle esclave au vaincu : « Aussitôt se présente le grand Ajax, fils de •« Télamon, et se lève aussi le prudent Ulysse, fécond «en stratagèmes. Entourés de leurs ceintures, ils « s’avancent dans la lice et s’embrassent l’un l’autre « de leurs fortes mains. Telles sont au haut d’un édi- « fice deux poutres qu’un habile artisan a réunies pour « braver la violence des vents. Leurs dos craquent « sous les efforts de leurs mains fortement enlacées; « une abondante sueur en découle ; des tumeurs san- « glantes courent sur leurs flancs et sur leurs épaules : « tous deux brûlent du désir de vaincre pour rempor- « ter le magnifique trépied. Ulysse ne peut ébranler « ni terrasser Ajax ; Ajax ne peut davantage vaincre « Ulysse, dont la force résiste puissamment. Lorsque « déjà ils sont près de lasser la patience des valeureux « Grecs, Ajax, fils de Télamon, s’écrie : « Noble fils de « Laërte, artificieux Ulysse, ou enlève-moi ou que je « t’enlève moi-même, Jupiter prendra soin de l’issue « du combat. » En parlant ainsi, Ajax soulève son ri- « val, qui n’oublie pas ses ruses. Il le frappe par der- « rière d’un coup de jarret, fait fléchir ses membres, « le renverse et tombe sur la poitrine du guerrier. «Ulysse veut soulever son adversaire; mais à peine « peut-il le soulever de la terre et il ne saurait l’en- « lever. Ses genoux plient; tous les deux, l’un près de « l’autre, tombent sur le sol et sont souillés de pous-

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