Remarques sur le xxiv“ chant de V Iliade
qu’il aperçoit Achille, il se précipite à ses genoux, « et baise les mains terribles et homicides qui lui « ont ravi tant de fils *. »
Nous voilà donc en face de cette situation si longtemps attendue. Homère l’a amenée avec un art admirable. Et maintenant que va-t-il se passer entre ces deux personnages également intéressants? Qqe vont-ils se dire? Homère ne restera pas au-dessous de son sujet. Il place dans la bouche de Priam une prière qui est un morceau célèbre, et à juste titre. Quintilien, chez les anciens, regardait cette prière comme incomparable *. Chez les modernes, Rollin, dans son Traité dès Etudes, la cite comme un modèle du genre. Voltaire, à plus de quatre-vingts ans a essayé de la reproduire dans une imitation libre *, et a rendu ainsi un nouvel hommage à Homère. Beaucoup d’autres poètes ont cherché à traduire, chacun à sa manière*, cette pathétique éloquence qui jaillit ici du cœur du Priam , simple et grande comme la nature, dont la poésie d’Homère est partout l’image. Écoutons donc à notre tour la prière du vieux Priam :
« Souviens-toî de ton père, Achille, semblable aux « dieux; il est du même ûge et arrivé comme moi au a seuil de la vieillesse. Peut-être en ce moment est- « il accablé par de puissants voisins, et n’a-t-il per- « sonne pour repousser loin de lui le malheur et le « danger. Mais du moins sachant que tu vis encore,