‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 124 sur 138 · V. 711 et · texte numérisé non relu

V. 711 et

« dos hymnes funèbres , et soupirent de lamentables « accents. * Ces chanteurs ne paraissent être autre chose que les pleureurs et les pleureuses qui, du monde des Hébreux, semblent avoir passé dans le monde grec, et du monde grec, dans le monde romain. On les trouve encore de nos jours en Grèce, où ont survécu tant d’usages de la civilisation homérique.

« L’expression de la douleur, dit à ce sujet un con- « temporain déjà plus d’une fois cité, n’a pas été « moins constante (dans la Grèce actuelle) , que l’ex- « pression de la joie; plusieurs des anciens rites « funèbres se sont fidèlement conservés. Tels sont « les cris des femmes qui se font un devoir et quel- « quefois un métier de leurs gémissements*. »

Après les pleureuses à gages, les douleurs vérita- . blés; Andromaque, Hécube, Helène, viennent successivement, près du lit d’Hector, répandre leurs plaintes et leurs larmes; et le poète trouve une expression propre à chacune de ces douleurs; chacune a son caractère.

D’abord, c’est Andromaque qui « commence sa « plainte, » tenant entre ses mains la tête du vaillant Hector, absolument, on se le rappelle, comme la reine Kriemhilt, dans les Nibelungen, pour le remarquer en passant, prend dans ses deux mains la tête si belle de son époux bien-aimé, Sîfrit, étendu mort devant elle*. »

Deux fois déjà le poète a fait parler les douleurs d’Andromaque : le jour où elle fit ses touchants adieux à Hector, et le jour néfaste entre tous, où, du haut des remparts , elle vit traîner son malheureux

Page 1