‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 125 sur 138 · Voy. p · texte numérisé non relu

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époux derrière le char de son vainqueur. Admirons la fécondité du poète qui , grâce à sa profonde sensibilité et à son imagination passionnée , nous fait lire encore dans le cœur de cette épouse et de cette mère désolée ; il en fait sortir de nouveaux accents de regrets et de douleurs, et qui n’ont rien de commun avec tous ceux qu’a déjà fait entendre le même personnage. Aussi l’Andromaque d’Homère, prise dans ces diverses situations , semble-t-elle avoir servi de modèle d’idéale beauté morale à tous ceux qui depuis ont reproduit le même caractère. Homère est la source où sont venus puiser le pathétique Euripide *, le tendre Virgile 1 2 3 4 , Sénèque le tragique* et le doux Racine*.

Écoutons dans Homère la triste Andromaque.

« Cher époux, tu perds la vie à la fleur de l’âge, « et tu me laisses veuve dans ton palais. Ce fils en- <• core dans lâ plus tendre enfance , ce fils que nous « avions engendré tout malheureux que nous sommes, « n’arrivera point, je pense, jusqu’à sa jeunesse. « Avant ce temps , Ilion , ravagée , sera précipitée de « son faîte ; car tu as péri , toi son soutien , toi qui « défendais la ville, toi qui sauvais les chastes épouses « et les tendres enfants. Bientôt elles seront traînées « en esclavage sur les rives étrangères, et moi, sans « doute avec elles. Et toi , mon fils , tu ne me survi- « vras pas, tu seras soumis à d’indignes traitements,

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