‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 13 sur 138 · II. , Ub. IX, v. 660 et · texte numérisé non relu

II. , Ub. IX, v. 660 et

cela. Les larmes que verse ici Achille, sont les larmes de la vanité blessée et du moi, impuissant pour le moment; de ce moi, qui est le grand mobile des sociétés primitives, alors que dominent surtout les individualités égoïstes; « c’est la personnalité du bar- « bare dans son expression la plus vraie; elle déploie,

« à l’occasion , une franchise de nature, à prouver à « quel point cette disposition de l’âme était générale,

« tenue pour simple et naturelle 1 . » C’est là ce qui ressort, en effet, de mille et mille endroits de Y Iliade, et nous aurons par conséquent à signaler plus d’une fois des peintures de ce genre. Ici, les pleurs d’Achille, qui, encore un coup, se sent blessé,, non dans son amour, mais surtout dans sa fierté, sont un trait de caractère qui est tout à fait dans la situation. C’est ce qui a fait dire à un critique qui se connaissait en matière de goût :

J’aime à lui voir verser des pleurs pour un affront 2 .

Dans sa douleur, Achille s’adresse à Thétis, sa mère, . qui habite sous les flots de l’Océan. Thétis a entendu la voix de son fils; elle quitte sa retraite, paraît audessus des vagues et vient s’asseoir près de ce cher fils, dont la destinée doit être si courte, sans que, — il s’en plaint lui-même, — la gloire vienneTen dédommager, puisqu’on l’outrage et qu’on lui enlève une récompense que lui donnèrent les Grecs. Et voilà qu’elle lui parle, le flatte et le caresse de sa main, l’interroge, l’appelle par son nom : a O mon fils,

« pourquoi pleures-tu ainsi? quel chagrin s’est em-

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