‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 133 sur 138 · Sat. X, v. 187, 188, 189, 239, 257 et suivants · texte numérisé non relu

Sat. X, v. 187, 188, 189, 239, 257 et suivants

térature, un poète, successeur des poètes cycliques 1 2 3 , héritier du génie de l’auteur de Y Iliade comme aussi, si on peut le dire, de la suite des événements célébrés par Homère, un temps viendra, disons-nous, où le chantre de Mantoue, dans un admirable passage de son poème, racontera, lui aussi, la prise et la chute d’Ilion. Et Virgile aura résumé éloquemment tout ce qui précède, quand, après le récit de la dernière nuit d’Ilion, il placera dans la bouche d’un ancien compagnon d’armes d’Hector, prêt à partir pour l’exil et jetant autour de lui un regard de suprême désolation, ces mots qui sont à eux seuls tout un poème : « Je « quitte alors, en pleurant, le port, le rivage de la « patrie et les champs où fut Troie *. »

Telle est Ylliade. Quel qu’en soit l’auteur, qu’elle soit l’œuvre d’un seul homme, comme nous inclinons à le croire, ou celle de plusieurs Homères, comme la critique moderne a essayé de le démontrer*, on peut dire qu’il n’est aucun poème épique dans le monde qui puisse lui être comparé. L 'Iliade est demeurée unique en son genre. Essentiellement grecque par le cadre et la forme, elle est toute universelle par le fond. Les idées et les sentiments qu’elle exprime viennent, aujourd’hui encore, éveiller des échos sympathiques dans nos esprits et dans nos cœurs. Jamais poète n’a mieux parlé qu’Homère, la langue pour ainsi

1. Parmi ceux-ci il faut citer, sinon par la date de sa naissance, du moins par la nature de son sujet et la couleur des événements de son poème, Quinlus de Smyrne, qui reprend les choses juste au point où les a laissées le vingt-quatrième chant de Ylliade , au lendemain des funérailles d’Hector.

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