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ses compatriotes, innocents pourtant de la mort de Curiace. Mais, avez-vous bien entendu? il faut aussi qu’Agamemnon, en voyant périr son armée, sache bien que la cause de tous ces malheurs, c’est Achille, Achille qu’il a outragé, mais non impunément. Cette pensée du fils de Thétis savourant à l’avance sa vengeance, rappelle un trait de caractère d’une autre héroïne de notre théâtre. On croirait entendre l’Hermione de Racine, s’écriant, après qu’elle a armé le bras d’Oreste, pqur frapper Pyrrhus qui l’avait blessée au cœur :
Ma vengeance est perdue
S’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue '.
Thétis console de son mieux la douleur d’Achille ; elle interviendra pour lui ; elle usera de son crédit auprès de Jupiter pour servir sa vengeance; et dès que les dieux et leur souverain, en ce moment en Éthiopie où le peuple leur offre une fête, seront rentrés dans l’Olympe, Thétis ira implorer le fils de Saturne, en faveur d’Achille.
Tandis qu’ Achille, après le départ de sa mère, demeure sous sa tente, accablé de tristesse, et qu’il regrette, à sa manière, la belle Briséis, Ulysse, d’après les ordres d’Agamemnon, a ramené Chryséis à son père. Il serait trop long de citer, en entier, ce récit de la mission d’Ulysse, récit qui n’occupe pas moins de soixante vers dans le texte, et qui est un modèle de précision ; On assiste à l’arrivée d’Ulysse, dans Chryse, où il rend Chryséis à son père; on est présent au sacrifice offert ù Apollon, aux vœux faits par