‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 17 sur 138 · M. Sainte-Beuve, Étude sur Virgile, p. 218 et · texte numérisé non relu

M. Sainte-Beuve, Étude sur Virgile, p. 218 et

2. Voir Euripide (Hécube, v. 342). — Nous lisons dans Pline: Antiquus Grxcix, in supplicahdo mentum attingere, mos erat. {Histor. natural., lib. XI, c. 6, éd. Milleri, t. I, p. 341.)

s’empresse de la rassurer par un sourire et un baiser 1 2 .

Le Jupiter d’Homère est moins empressé'; il garde longtemps un profond silence. Mais Thétis ne se dé- courage pas. Elle est mère. Elle redouble ses instances avec une persistance et, il faut le dire aussi, une habileté toutes féminines : elle reste toujours attachée aux gerioux du dieu, dans la même attitude, et l’implore de nouveau en ces termes :

« Ne tarde point, dit-elle, à m’accorder cette grâce « et à m’en donner un signe certain, ou à me la re- « fuser, que je sache si de toutes les déesses je dois « être la plus méprisée*. »

Jupiter est vaincu; mais il sent à l’avance tout le poids de laTesponsabilité qu’il assume sur lui en accédant à la demande de Thétis. 11 soupire ; que de maux il prévoit 1 II redoute à l’avance — et il ne se trompera pas en cela — les reproches et les railleries de Junon; elle l’accusera de favoriser les Troyens. Et * le voilà qui jette autour de lui des regards inquiets : pourvu que Junon n’aperçoive pas Thétis! il songera à satisfaire Thétis, mais qu’elle s’éloigne.

Où sommes-nous ici? Dans l’Olympe ou sur la terre? Dans la grande épopée ou en pleine comédie? Est-ce Jupiter qui parle ainsi, ou bien le Chryxale de Molière, hésitant entre Philaminte et Martine , comme le faible fils de Saturne entre Junon et Thétis? La situation est tout aussi comique, ce nous semble, d’un côté que de l’autre. Et puis, après avoir montré Ju-

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