‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 21 sur 138 · V. 610 et · texte numérisé non relu

V. 610 et

doutable Apollon, la vindicative Junon, la pacifique* Minerve, la tendre Tliétis, le plaisant Vulcain, Jupiter tantôt si grand, tantôt si petit. Mais partout, sur la terre comme dans le ciel, la vérité, la nature, la passion. Aussi Ylliade aura-t-elle toujours de l’à-propos; car elle est le miroir de l’humanité; et ce n’est pas nous qui nous inscrirons en (aux contre la vérité de ces trois vers célèbres, résumant mieux que nous ne saurions le faire, notre pensée sur l’auteur de Y Iliade :

Trois mille ans ont passé sur les cendres d’Homère;

Et depuis trois mille ans, Homère respecté

Est jeune encore de gloire et d’immortalité.

Sommaire : Le deuxième livre de VIliade. — Le songe. — Essai d’interprétation d’un passage embarrassant. — Le personnage d’Ulysse. — Épisode de Thersite; conjectures historiques; les Thersites de tous les temps; Thersite à Athènes, Thersite à Rome, Thersite dans les Annales de Tacite ; les Thersites de nos jours. — Morale de l’épisode de Thersite. — Ulysse orateur; caractère de son éloquence ; analyse d’un discours d’Ulysse ; Virgile imite Homère sans l’égaler. — Rapprochement entre un passage du discours d’Ulysse et un passage de la Bible ; frappante analogie. — Encore Nestor. — Minerve déesse des batailles. — Le génie d’Homère et le goût de Virgile.

Tout dort sur la terre et dans l’Olympe. Jupiter seul ne goûte pas le doux sommeil. Il songe au moyen de réaliser la promesse qu’il a faite à Thétis de donner la victoire aux Troyens, au détriment des Grecs. Ün dessein s’arrête dans son esprit : il abusera Agamemnon; il l’engagera, par conséquent, à marcher au combat, en lui faisant espérer une victoire qui pourtant ne sera réservée qu’à ses ennemis. Le dieu donc envoie au fils d’Atrée un Songe trompeur. Après avoir reçu les instructions de Jupiter, le Songe, qui, dans la mythologie homérique, est une sorte de divinité subalterne, descend dans le camp des Grecs, pé-

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nètre sous la tente du roi, « plongé dans les douces « vapeurs du sommeil, » se place au-dessus de la tête d’Agamemnon, et, prenant les traits de Nestor, il parle au fils d’Atrée en des termes bien propres, il fout en convenir, à l’induire en erreur, et à le foire tomber dans le piège que lui prépare Jupiter, pour honorer Achille et servir sa colère : il ne fout pas que le héros à qui sont confiées les destinées de tant de peuples, se livre toute la nuit au sommeil. Qu’il se lève et ordonne au* Grecs de s’armer à l’instant même; les dieux ne sont plus irrités entre eux, et ce jour même, il sera donné aux Grecs de s’emparer d’Ilion; telle est la volonté de Jupiter.

Et le Songe reprend son vol vers l’Olympe.

Agamemnon, quand le songe l’a quitté, réfléchit à ces promesses « qui ne doivent point s’accomplir; il « croyait ce jour-même renverser Ilion. Hélas! il ne « connaissait pas les projets de Jupiter, qui préparait * aux Grecs, ainsi qu’aux Troyens, bien des douleurs « et bien des larmes 1 . » Le roï s’arrache enfin au sommeil, tandis qu’il lui semble entendre encore la voix divine résonner à ses côtés.

Voici maintenant quelques-uns de ces traits pittoresques, romanesques même, familiers à Homère, et à l’aide desquels il nous fait foire connaissance avec ses personnages. On assiste à la toilette militaire d’Agamemnon : il se lève, revêt une tunique moelleuse, nouvellement achevée ; il s’enveloppe ensuite dans un large manteau, attache à ses pieds de superbes brodequins; il suspend à ses épaules un glaive étincelant d’argent, et prenant en main le sceptre in-

corruptible de ses pères, il s’avance vers les vaisseaux des Grecs.

L’aurore commence à paraître, et le roi ordonne aux hérauts d’armes de convoquer d’abord les chefs de l’armée. Le vaisseau de Nestor est indiqué comme lieu de rendez-vous. Les chefs arrivent successivement; une sorte de conseil de guerre se trouve donc réuni. Agamemnon fait part aux chefs du songe qui lui a laissé entrevoir, — il y croit du moins, — de si brillantes espérances pour la journée qui va commencer; et arrivant au moyen d’armer les soldats, il propose de les éprouver d’abord, en les engageant à fuir, et ce sera ensuite aux chefs, ici présents, à contenir les troupes par leurs reproches.

Cette résolution a paru étrange à bien des commentateurs. Quoi! a-t-on dit, Agamemnon, le chef toutpuissant de cette armée, n’était donc pas le maître de commander aux Grecs, comme et quand il le jugeait convenable? On peut répondre que l’éloignement d’Achille pouvait avoir indisposé les troupes contre le roi; voilà pourquoi, craignant sans doute un échec pour son amour-propre, il n’osait leur proposer ouvertement de marcher à l’ennemi. Il recourt donc à une sorte de biais, capable de mettre à couvert son autorité de généralissime. Si l’armée rejette sa proposition, tant mieux; il n’y aura là rien de blessant pour un chef qui doit aimer voir ses soldats refuser de reculer; s’ils obéissent, eh bien! la dignité du roi n’en sera nullement compromise; et ce seront les autres chefs qui arrêteront l’armée dans sa fuite. Dans le premier cas donc, la désobéissance des Grecs p’aura, après tout, rien d’offensant pour leur chef ; dans le second cas, celui-ci s’effacera derrière les au-

très généraux agissant ou semblant agir d’après leur propre autorité. Et c’est là ce dont on convient dans le conseil avant de se séparer *.

Accourent maintenant, également convoqués par les hérauts d’armes, tous les Grecs qui composent l’armée. Homère les compare* pour leur nombre à ces essaims d’abeilles toujours renaissants, qui s’élancent d’une roche caverneuse, voltigent de tous côtés dans les airs et se groupent sur les fleurs du printemps. Le poète ne raconte plus; il peint. Nous sommes au milieu du camp des Grecs, qui s’étend, à la droite des vaisseaux et des tentes, le long du vaste rivage de la

1. L’auteur déjà cité d’unlivre intéressant sur Homère , M. S. Delorme, attribue cette conduite d’Agamemnon à cet esprit d'astuce qui faisait, selon lui, comme le fond du caractère des Grecs des temps héroïques : « Il est telle occurrence où tout ce qu’il y a de plus éminent parmi les chefs use envers l’armée, sur la proposition du roi des rois, et après mûre délibération, d’une ruse à laquelle le penchant et l’habitude semblaient, en conscience, avoir plus de part que la nécessité.

II est impossible, en effet, de ne pas se demander pourquoi, lorsque, assuré de la victoire par un message de Jupiter, Agamemnon a résolu de livrer bataille, il commence par jouer le découragement, déclare aux siens qu’il fyut renoncer à l’espoir de s’emparer de Troie, et finit par proclamer officiellement que le seul parti à prendre est de faire voile pour la Grèce. Tel est cependant le moyen auquel il a recours. Et comme il n’y a certes à douter ni du génie d’Homère, ni de son expérience des hommes, on est ici nécessairement amené à conclure que la finesse et les subterfuges avaient chez ce peuple un attrait qui leur était propre, et s’y reproduisaient assez souvent pour ne sembler jamais assez invraisemblables ou hors de mise. (S. Delorme, Les hommes «f//omère, p. 241.)

2. On aura pu remarquer que dans le premier livre de Ylliade il ne se trouve pas une seule comparaison : a cela prouve, dit a Mme Dacier, qu’Homère a cru que les commencements d’un a poème épique ne sauraient être trop simples, et que les grandes a figures ne sont de saison qu 'après que lè fait est bien exposé et a le lecteur bien instruit. ® {Remarques sur ï Iliade.)

mer. Quel empressement! l’ardente Renommée, marchant devant eux, précipite leur course. Quel tumulte ! le sol tremble sous leurs pas. Quel bruit encore pour se placer ! Mais voici les hérauts d’armes qui se lèvent et commandent le silence à cette foule immense. Trêve de clameurs ! qu’on écoute les rois, « enfants de Jupiter. » On s’assied, on se tait. Agamemnon alors, tenant dans ses mains, comme une marque de sa puissance, le sceptre qui lui vient de ses aïeux, prend la parole, fidèle à son dessein de sonder les dispositions de l’armée : le maître de l’Olympe, qui lui promit autrefois la victoire sur Ilion, lui ordonne maintenant, par l’intermédiaire d’un songe, de retourner honteusement dans Argos. Ainsi le veut le dieu. Et pourtant quel opprobre pour les Grecs, quand on apprendra dans l’avenir , qu’après tant de peines et tant de travaux, ils sont revenus dans leur patrie sans avoir détruit llipn, sans s’être vengés des Troyens dix fois moins nombreux qu’eux! Mais déjà neuf ans se sont écoulés ; le bois des navires commence à pourrir ; les cordages sont consumés par le temps ; leurs femmes , d’ailleurs, et leurs enfants languissent dans leurs foyers en attendant leur retour. Et cependant on est loin d’avoir accompli l’entreprise qui les mena tous sur ces bords! Mais il faut céder à la nécessité, puisque aussi bien on ne s’emparera jamais de Troie.

Agamemnon, selon qu’il l’avait annoncé, sonde l’esprit de l’armée; on le voit, il plaide, comme on le dit vulgairement, le faux pour savoir livrai. Tout en proposant à l’armée de fuir, il fait à chaque mot sentir la honte et l’impossibilité de cette fuite. A chaque

mot il y a des restrictions et des réticences qui n’échappent pas au lecteur et qui n’ont pas dû échapper à beaucoup d’entre les soldats. Mais la majorité des Grecs prend au pied de la lettre le discours du roi. Ils n’en Comprennent ou n’en veulent comprendre que la partie qui répond le mieux aux dispositions présentes de leur esprit. Fatigués par une longue guerre, ils acceptent avec empressement l’ouverture qui leur est faite, et, sans doute au grand désappointement du roi, ils se précipitent vers la flotte, poussent des cris de joie, prêts à rompre les câbles pour mettre à la mer 1 . Que va-t-il arriver? Junon, l’ennemie des Troyens, laissera-t-elle les Grecs fuir ainsi, sans s’être vengée ? On ne le pense pas. Elle charge Minerve, intéressée, comme elle, à la même vengeance, de descendre de l’Olympe et d’empêcher le départ des Grecs. Le plan de Minerve est arrêté d’avance. Elle arrive dans le camp des Grecs. C’est là qu’elle trouve le prudent Ulysse. Lui seul ne fuyait pas. Immobile, il ne touchait pas à son navire ; son âme était en

1. Un excellent esprit, M. Otfried Millier, fait à cet égard quelques remarques qui concordent tout à fait avec notre manière de voir, au sujet du passage dont nous nous occupons. Je traduis de Fallemand : a Jupiter se propose de tromper Agamemnon moyennant un songe et cherche à le pousser au combat. A'près cela, Agamemnon se permet à son tour de tromper les Grecs ; car bien qu’il ait le complet espoir de vaincre, il ne cherche pas moins à leur faire accroire qu'il est résolu à retourner dans ses foyers. Mais voici que , contrairement à ses prévisions, les Grecs viennent déjouer son attente et d’une façon tout à fait comique; car tandis qu’il ne s’était proposé que de les éprouver, pour les aiguillonner de la sorte plus vivement au combat, il les trouve déterminés à fuir en toute hâte et de laisser Troie debout et intacte derrière eux; et cela n’aurait pas manqué d’arriver, si Ulysse, d’après le conseil des dieux, ne les en eût empêchés. » ( Geschichte der griechischen Litteratur , p. 92.)

proie, dit le poète, à une profonde douleur. Minerve, s’approchant d’Ulysse, lui fait honte de la fuite des Grecs, l’exhorte à parcourir l’armée et à retenir les fuyards.

Ulysse, il faut Je reconnaître, était bien l’homme que demandait la circonstance. Personne mieux que lui ne pouvait servir les desseins de Junon et de Minerve. Il n’a pas plutôt reconnu la voix de la déesse, qu’il laisse glisser à terre son manfpau qui l’embarrasse; il court au-devant d’Agamemnon, qui, abdiquant momentanément en quelque sorte, pour laisser faire Ulysse, lui remet son sceptre, symbole de l’autorité. Le sceptre à la main, il marche vers la flotte des Grecs et, à lui seul, s’oppose à la fuite des soldats. Laissez-le faire; il saura parler à chacun selon le rang de chacun. Il sera réservé, insinuant, avec les puissants; hardi, insolent, avec les gens de peu. Qu’on en juge :

S’il rencontre un des rois ou un héros puissant, il s’arrête et le retient par ces paroles flatteuses : « Homme vaillant, ce n’est pas à toi de trembler « comme un lâche ; arrête tes pas et retiens tes trou- « pes. Tu ne sais .pas au juste quelle est la pensée « d’Atride. Maintenant il éprouve et bientôt il punira « les fils des Grecs. Tous, nous n’avons pas entendu « ce qu'il a résolu dans le conseil; craignez que, dans « sa colère, il n’accable de maux les enfants des Grecs. « Terrible est la colère dïun roi nourrisson de Jupi T « ter; toute gloire vient de Jupiter et Jupiter chérit « Agamemnon. »

Mais, lorsque Ulysse rencontre quelque obscur soldat poussant d’insolentes clameurs , il le frappe du sceptre et le menace en ces termes ;

* Misérable I demeure tranquille, écoute la voix de « ceux qui valent mieux que toi. Guerrier faible et « lâche, tu ne comptes ni dans les combats ni dans « les conseils. Ici tous les Grecs ne peuvent eom- « mander. Le grand nombre des chefs est une « mauvaise chose. N’ayons qu’un seul chef, un « seul roi 1 2 , celui à qui le prudent fils de Saturne « a donné le sceptre et les lois pour nous gouverner « tous *. »

L’audace d’Ulysse lui a réussi. Pour être menée, la foule ne demande souvent qu'un esprit décidé et une main ferme. Et l’on reconnaît bien ici la mobilité de la multitude. Tout à l’heure elle fuyait pour regagner ses vaisseaux et rentrer dans la Grèce, et maintenant, Homère nous la fait voir, « se précipitant à « grands pas vers l’assemblée, loin des tentes et des « navires. *

Qu’ Ulysse cependant ne se croie pas encore trop sûr de la victoire; si par son audace il a empêché les Grecs de remonter sur leurs navires, l’audace et la

1. Je pense avec Pope, et contrairement à l’opinion de M. Dugas Montbel, que le poète n'a en vue ici -que le commandement militaire.

Où pèv 7tw; 7 t(xvteç pauOeu(T 0 [XEv èvBiS' A^aiot.

Où* iyaSov jroXuxoïpaviï] - et; xoîpavoç Ëcxtüj,

Et; jlixaiXevî (v. 203 , 204 , 205).

Le mot (JacnXeùsiv, sur lequel s’appuie M. Ougas Montbel, pour démontrer qu’Homère veut indiquer le gouvernement politique, n’en est pas une preuve suffisante. Homère vivait à une époque où les anciennes monarchies venaient d’être remplacées par des gouvernements démocratiques. Lui-même, d’après la tradition la plus répandue, était né au milieu d’une confédération de villes libres, et cet éloge de la monarchie dans sa bouche me paraîtrait au moins singulier.

parole d’un autre personnage venu comme lui sur ces bords avec les confédérés pourrait bien les ramener' à leur premier dessein. Et pour se maintenir dafis son succès, le bis de Laërte aura besoin de nouveau de toute sa fermeté et de toute sa présence d’esprit.

Homère, dans ses poèmes, n’inventait certes pas autant qu’on l’a cru. Les principaux événements de la guerre de Troie lui ont été très-probablement fournis par la tradition *. On peut en dire autant des principaux caractères et personnages dont est remplie l'Iliade. Et, par exemple, pour le passage qui nous occupe, il est permis de penser, avec un savant commentateur, * que la brouillerie d’Achille et d’A- « gamemnon a dù exercer une grande influence sur « l’esprit des soldats; dès lors il est tout simple que « les Grecs éloignés depuis longtemps de leur patrie, c prévoyant que leurs efforts allaient devenir inutiles *

« par la retraite d’un héros vaillant, aient hautement « manifesté le désir de terminer la guerre et se « soient montrés tout prêts à se révolter ; il est tout « simple encore que l’un des plus factieux ait été « l’organe de la sédition et qu’il ait proüté du mé- « contentement des esprits pour les animer contre « les chefs, jusqu’à ce qu’enfin un homme puissant « réprime cette audace *. C’est ainsi qu’on peut expliquer, en effet, le personnage de Thersite et l’épisode auquel nous sommes arrivés.

1. Voir à ce sujet, Blackwell, Recherches sur la vie et les écrits d’Homère, traduites pour la première fois de l’anglais, par J. N. Quatremère-Roissy. Paris, an VII, p. 335.

2. Dugas Montbel, Observations sur le chant II de l'Iliade, t. IV, p. 88.

Thersite, tel que nous le dépeint Homère, est le type du mécontent, du séditieux, .du démagogue agitateur, envieux et méchant. L’histoire est pleine d’individualités de ce genre; l’histoire ancienne surtout. Ces personnages du temps de la guerre de Troie s’appelaient Thersite; du temps de Périclès, ils s'appelaient Clèon; du temps de Cicéron, Clodiïis; du temps de la révolte des légions romaines en Germanie, — lisez Tacite 1 2 , — ils s’appelaient Percennius et Vibulénus. Dans les temps modernes, on les trouve encore, soit dans les émeutes, soit dans les assemblées politiques, soit, et le plus souvent encore, dans le monde, où ils attaquent tout ce qui est au-dessus d’eux, où ils distillent leur haine et leur fiel contre tout ce qui est honnête et respectable. Mais examinons le Thersite d’Homère. Homère se plaît à nous tracer d’une manière complète le portrait de ce personnage. Voici d’abord pour son moral :

« Les autres soldats étaient assis et gardaient leur « rang. Le seul Thersite, bavard immodéré, prolon- . « geait le tumulte. Son esprit était fertile en insolents « propos. Sans raison et sans pudeur, il outrageait « les rois, disant tout ce qui pouvait faire rire la « multitude. »

Voici maintenant po«r son physique :

« De tous les guerriers venus devant Ilion, c’était « le plus laid. 11 était louche, boiteux; ses épaules « recourbées se resserraient sur sa poitrine ; sa tête « se terminait en pointe, il y flottait quelques rares « cheveux *. »

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