Remarques sur l’Iliade, t. I, p
* étaient assis les vieillards troyens. Lorsqu’ils virent « Hélène s’avancer vers la tour, ils se dirent tout bas « les uns aux autres :
« Il n’y a rien de surprenant que les Troyens et les « Grecs souffrent depuis si longues années tant de « maux pour une telle femme. Elle égale en beauté « les déesses immortelles....
« Ainsi parlèrent les vieillards ; mais Priam, haus- « sant la voix, appelle Hélène près de lui : approche, « dit-il, 6 ma chère enfant; viens t’asseoir près de « moi pour reconnaître ton premier époux et tes pa- « rents ; ce n’est pas toi que j’accuse de nos mal- « heurs; j’en accuse les dieux qui ont excité contre « moi cette guerre, source de tant de larmes *. »
Et comme nous l’avons dit, Priam prie Hélène de lui nommer les plus illustres d’entre les guerriers grecs qu’ils aperçoivent dans la plaine.
Dans le court passage que nous venons de citer, jl y a bien des beautés; nous avons sous les yeux cette assemblée de vieillards retenus loin de la mêlée par l’âge, et s’entretenant paisiblement à la façon des anciens du peuple, que la Bible nous montre souvent assis et causant ensemble aux portes des villes *. Qui n’admirerait ici l’art avec lequel Homère fait faire l’éloge de la beauté d’Hélène ? de cette Hélène dont un poète grec a dit : « Son âme avait la sérénité d’une mer tranquille; elle était le plus bel ornement de l’opulence; à sa vue on éprouvait une douce langueur, et les parfums de l’amour pénétraient tous les sens*. » En vérité, ces exagérations poétiques de-