‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 31 sur 138 · Lib. I, J · texte numérisé non relu

Lib. I, J

« un autre peuple, et tes yeux le verront et se consu- « meront tous les jours vers eux *. »

Il est à remarquer que Moïse comme Homère, et avec raison, place au nombre des plus grands malheurs qui puissent affliger les peuples comme les individus, celui de voir leurs femmes et leurs filles tomber au pouvoir d’un impitoyable ennemi. Les juifs ainsi que les Troyens ne l’ont que trop éprouvé. Les femmes et les filles d’Israël devinrent la proie des Assyriens et furent traînées à Babylone. On sait aussi quel fut, après la chute d’Ilion, le sort de Cassandre, d’Hécube et d’Andromaque. - •

Toute cette scène, d’un si grand effet dans Homère, a été imitée par Virgile, qu’on trouve toujours sur les traces du maître. Mais Virgile est demeuré bien inférieur à Homère. Quelques courts rapprochements suffiront à nous en convaincre. Les Latins- et les Troyens, depuis si longtemps armés les uns contre les autres, vont enfin respirer. Turnus et Énée, comme Pâris et Ménélas dans Homère, doivent vider la querelle par un combat singulier. Le prix du vainqueur sera Lavinie, comme dans Homère c’est Hélène. Là aussi on offre des victimes, et sur le corps même de ces victinjes on fera serment de respecter la décision du sort. Latinus, comme Priam, se rend au camp pour sanctionner la cérémonie par sa présence. Mais les peintures sont bien différentes. Dans Homère tout est simple et vrai; dans Virgile, on va le voir, tout vise à l’effet et à l’éclat. Qu’y a-t-il de plus touchant — nous y avons insisté — que l’arrivée de Priam dans le camp des Grecs? Que devient cette peinture

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