Deutéronome, ch. xxvm, v
dans Virgile? Latinus, dans Virgile, n’a rien des mœurs de son temps. Ce Latinus, qui régnait à l’époque de la guerre de Troie, est entouré de tout l’éclat et de toute la pompe officielle d’une cour moderne. Il arrive en grand appareil. Il est assis sur un char attelé de quatre chevaux. Sur son front brillent les douze rayons d’or de son diadème, étincelant symbole du dieu de la lumière, son aïeul '. De tels traits rappellent plutôt l’empereur Auguste assistant à quelque cérémonie officielle que le Latinus contemporain d’une époque antique et primitive. Les détails du sacrifice sont presque tous empruntés à Homère. Mais on ne trouve pas dans Virgile cette admirable scène des deux peuples s’engageant à respecter le traité et • autorisant les dieux à les punir, s’ils se parjurent. Latinus, du reste, comme Agamemnon, adresse au ciel une prière. Mais, il faut bien le dire, cette prière, eu égard au personnage qui la fait, est au moins déplacée. On y trouve d’ailleurs plus de forfanterie que de vérité. Le lecteur, assurément, ne peut réprimer un sourire d’incrédulité, quand il voit le faible et timide Latinus, roi-femme et mené par des femmes *, prendre un engagement au-dessus de la force de son caractère, et que, par conséquent, il sera incapable de tenir ; et dans son langage, il y a bien de l’exagération, pour ne pas dire de déclamation*
J’en demande pardon à Virgile. Personne plus que