‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 35 sur 138 · V. 383 sqq · texte numérisé non relu

V. 383 sqq

« t’enlevant sur mes vaisseaux rapides, je m’unis à « toi dans l’île de*Cranaë, au sein de l’amour et du « sommeil. Tant je t’aime aujourd’hui ! tant elle est « tendre l’ardeur qui s’est emparée de mon âme ! » « A ces mots, il la précède vers la couche nuptiale ; « son épouse le suit aussitôt. Tous deux reposent « sur le lit magnifique l . »

Que Pâris, pendant quelques jours encore, demeure fidèle aux habitudes de sa vie molle et efféminée. Qu’il goûte, puisque les dieux le permettent, pour un peu de temps, les douceurs de l’amour. Mais le moment de l’expiation n’est pas loin. Bientôt, bientôt le fils de Priàm, percé de la flèche d’un Grec, tombera sur les ruines de sa patrie, ruines préparées et amenées par lui. La justice des dieux pour être lente n’en est pas moins sûre. Elle peut sommeiller quelquefois, mais terrible est son réveil. Aussi, pour commenter le contraste entre la situation présente de Pâris et l’avenir à lui réservé, j’emprunterai volontiers quelques-unes des sinistres et prophétiques paroles que le poète Horace place, quelque part, dans la bouche de Nérée, annonçant à Pâris, ravisseur d’Hélène, sa prochaine et fatale destinée :

« En vain, fier du secours de Vénus, tu parfumeras « ta chevelure.... En vain, renfermé dans ta chambre « nuptiale, tu chercheras à éviter les lances redouta- « blés et le bruit des batailles.... Un jour, mais trop « tard hélas! tu traîneras dans la poussière et" dans « le sang tes cite veux adultères *. »

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