‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 43 sur 138 · Æn., lib. IX, v · texte numérisé non relu

Æn., lib. IX, v

vantage sa valeur comme aussi le mal que doit causer aux Grecs cette absence dont ils sont la cause, qu’en plaçant dans la bouche du dieu ces paroles, si flalr teuses pour Achille. « Courage, Troyens, ne cédez pas « aux Grecs ; le lils de Thétis, Achille, ne combat

« plus pour eux. » Mais Minerve, de son côté, court soutenir les Grecs. Là lutte qui allait cesser, se ranime. La voix des deux divinités est ici comme le souffle du vent faisant renaître un incendie près de s’éteindre. Le combat recommence, terrible, acharné, pour se prolonger encore avec des phases diverses de succès et de revers pour les deux armées. Mais Homère, avant de nous entraîner sur ses pas dans une mêlée nouvelle, s’arrête un instant comme pour respirer et podr nous laisser respirer à notre tour. Il ajoute, en résumant en quelque sorte tout ce qui précède, ces mots d’une éloquence si simple et d’un effet si mélancolique, qui terminent le quatrième chant:

« En ce moment, si quelque vaillant guerrier non « atteint encore du javelot et échappé au glaive cruel,.

« eût parcouru les rangs au fort de la mêlée, et (fue « Minerve, le prenant par la main, l’eût garanti con- « tre l'impétuosité des traits, il n’aurait rien trouvé à « reprendre à ce combat; car, en ce jour, une foule « de Troyens et de Grecs gisaient les uns près des « autres, le front dans la poussière *. »

Page 1