‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 5 sur 138 · il., I, v · texte numérisé non relu

il., I, v

« tentissent sur les épaules du dieu courroucé. Il « s’avance, semblable à la nuit, se place loin des <r vaisseaux et fait voler un trait. L’arc d’argent fait « entendre un bruit terrible. Il atteint d’abord les « mules et les chiens agiles; mais bientôt tournant « ses flèches homicides contre les Grecs, il les frappe » eux-mêmes, et sans cesse de nombreux bûchers « dévorent les cadavres. Neuf jours durant les flè- « ches du dieu volent sur l’armée ‘. »

La vengeance joue un grand rôle dans Y Iliade; ce qui dénote bien la barbarie du temps. Ce n’est point x chez Achille, mais chez un prêtre qu’éclate tout d’abord le besoin de se venger. De là, on le verra, toute une série de représailles, qui vont naître les unes des autres et imprimer, comme autant de ressorts, un singulier mouvement à cette grande épopée. La vengeance plane sur tout le poème; elle anime les premières comme les dernières pages de Y Iliade *.

Mais aussitôt après, la brillante et pittoresque imagination d’Homère se donne carrière dans celte poétique description du dieu Apollon s ? élançant de l’Olympe, description dont le début a été imité avec bonheur par un poète contemporain ;

Apollon, à ses cris, du haut du ciel s’élance,

L’arc en main, et le cœur enflammé de vengeance.

Sur l’épaule du Dieu, ses flèches en fureur,

Font rendre au carquois d’or un son plein de terreur *.

Le magique pinceau d’Homère sait tout embellir;

2. Voy. le récent et savant travail de M. S. Delorme, intitulé: *

Les hommes d'Homère , p. 183. Paris, 1861. r <

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