M. Lebrun
au lieu de nous peindre une fièvre pestilentielle causée par les chaleurs de- l'été ej, attribuée à la colère d’Apollon, il nous montre, grâce à la mythologie dont il dispose, des images aussi vives que poétiques et qui le dispensent de descriptions qui ne les vaudraient pas.
Le dixième jour, sur l’inspiration de Junon affligée du sort des Grecs, Achille convoque l’assemblée, et,
- en présence des chefs de l’armée, propose, comme cela se faisait en pareil cas, dans ces temps reculés, de consulter un devin, afin que l’on connaisse la cause de la colère des dieux et les moyens de l’apaiser. Ainsi, dans Sophocle, qui s’est souvenu d’Homère, Œdipe consulte Tirésias. La situation est analogue. La peste ravage Thèbes comme ici elle rayage le camp des Grecs 1 2 . Les devins, on le voit, jouent dans l’histoire et dans Ja littérature grecque un rôle important. Ils sont mêlés à tous les grands événements civils et militaires. Orphée accompagne comme devin et comme poète l'expédition des Argonautes; Amphiaraüs est le devin de l’armée argienne marchant contre Thèbes*. Enfin, lors du départ des Grecs pour Troie, ce fut le devin Oalchas qui dirigeait la flotte, ce fut lui qui prédit que la guerre durerait dix ans et qu’on n’obtiendrait des vents favorables qu’en sacrifiant Iphigénie. C’est ce même Calchas qui, sur l’invitation d’Achille, va révéler la volonté des dieux. Il est le devin , en quelque sorte officiel, de l’armée, qui « sait le présent, le passé et l’avenir. » Mais, avant de parler, il demande à Achille