Iphigénie, acte I, scène n
enleva Briséis; il s’agit d’obtenir de lui qu’il reconnaisse sa faute et qu’il donne en quelque sorte satisfaction • à Àohille afin de le ramener , si c’était possible, au milieu des Grecs privés dèpuis trop longtemps déjà du secours de son bras. Nestor, et Nestor seul, pouvait dire au roi, comme il le fait ensuite, que son orgueil l’a aveuglé, qu’il a outragé Achille ; lui seul peut l’engager à fléchir Achille par « des pré- « scnls pacifiques et de douces paroles. »
Agamemnon, comme tous les hommes hautains et violents, a les qualités de ses défauts. Une fois déjà, nous l’avons vu, au moment de marcher au combat, il avait déploré sa querelle avec Achille et vivement regretté l’absence du héros. L’orgueil et la hauteur n'excluent chez lui ni la générosité, ni la loyauté, ni le sentiment de la justice. Il y a dans sa réponse à Nestor une magnanimité touchante : « O vieillard, en « me reprochant mes fautes, tu n’as pas trahi la « vérité. Je fus coupable, je ne le nie point. Il vaut « de nombreuses cohortes, le guerrier que chérit Ju- « piter; et ce dieu, pour l’honorer, accable aujour- « d’hui de maux le peuple des Grecs. Mais, puisque « je fus coupable en cédant à mon fatal courroux, je v « veux en retour le fléchir et lui donner d’innom- « brables présents 1 . » Et après avoir énuméré tous les présents qu’il est prêt à donner au fils de Thétis, ainsi que toutes les faveurs qu’il est disposé à lui accorder, il termine par le vœu de le voir se laisser fléchir et ajoute avec dignité : « Qu’il me cède, puisque ma ’t puissance est plus grande que la sienne, et puisque « je me glorifie d’être plus âgé que lui. » Ainsi, pa