‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 66 sur 138 · IL, lib. XVI, v · texte numérisé non relu

IL, lib. XVI, v

Sarpédon, nous l’avons dit, était Gis de Jupiter, aussi son auguste père, en contemplant du haut du mont Ida le champ de bataille, est-il ému de pitié; il craint pour les jours de son Gis qu’il voudrait soustraire au combat. Junon, qu’il a consultée, s’y oppose avec la vivacité ordinaire de son caractère : Sarpédon n’est pas le seul guerrier issu des dieux; si Jupiter essaye de sauver son Gis, les autres dieux agiront de même. Que Jupiter donc laisse au destin son cours.

Virgile s’est souvenu de ce passage et l’a embelli : au moment de se mesurer avec Turnus, le jeune et intéressant Pallas implore le grand Alcide, l’ami de sa famille et placé maintenant au ciel ; qu’il entende la voix suppliante de Pallas et qu’il lui donne de triompher d’un puissant ennemi. Mais Hercule qui connaît l’arrêt immuable de la destinée gémit au fond de son cœur et verse des larmes inutiles. Que ces pleurs inutiles qui coulent des yeux du dompteur des monstres nous alarment et nous émeuvent à la fois ! Heureux Homère si son Jupiter avait l’éloquence et la tendresse du Jupiter de Virgile, qui console ainsi Hercule : « Chaque mortel a son jour marqué. « La vie pour tous n’est qu’un instant et sa pertç est « irréparable; mais, éterniser son nom par de glo- « rieux travaux, voilà l’œuvre de la vertu. Sous les « murs superbes de Troie, que d’enfants des dieux « ont péri ! Sarpédon, lui-même, Sarpédon mon fils, « a succombé. Déjà les destins appellent aussi Turnus ; « déjà il touche au terme de sa vie ‘. »

Il est impossible d’imiter avec plus d’originalité,

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