IL, XVIII , v
ce qu’il importe de savoir : la mort de Patrocle, le nom de son meurtrier, le combat qu’on livre autour de son corps et ses armes tombées au pouvoir de son ennemi 1 2 3 . Quintrlien, en louant la brièveté d’Homère, dit à ce sujet : « Qui sait être plus concis que celui « qui raconte la mort de Patrocle * ? » Notre Rollin commente à son tour ce passage et admire la délicatesse avec laquelle Antiloque évite de prononcer le mot fatal « il est mort, » et emploie, pour adoucir l’idée, autant qu’il est possible, une expression qui signifie: il est étendu, xtêrai, et que nous avons traduite par il n’est plus *.
Toutes ces réflexions sont pleines de justesse, sans doute, mais Homère assurément n’a fait aucun de ces calculs que découvre une trop minutieuse analyse. Par la seule puissance du génie qui, on l’a dit, n’est qu’une haute raison jointe à une belle imagination, il arrivait, et du premier coup, à ces résultats qu’on n’a obtenus depuis qu’à force de combinaisons, quand on eut analysé les triomphes des libres inspirations pour en tirer, ensuite des règles de l’art.
Voyons maintenant comment Homère va nous peindre la douleur d’Achille.
« Ainsi parla Antiloque. Un sombre nuage de dou- « leur enveloppa le héros; de ses deux mains prenant « une poussière brûlante, il la répand sur sa tête et « souille son gracieux visage : une cendre noire s’at- « tache à sa tunique parfumée; son vaste corps est « étendu dans la poudre, il arrache et flétrit sa che-