Exode, ch. xix, v. 18 sqq
3; Exode , ch. xxxiv, v. 5-8.
genre, encore une fois, ce sublime qui émeut, transporte et nous frappe d’une religieuse horreur. Mais aussi, quel sujet 1 et qu’Achille et les Grecs pâlissent à côté du législateur du désert, mis directement en présence de Dieu dont la gloire passe au-dessus de sa tête et le fait tomber à terre frappé d’une sainte terreur ! En mettant en parallèle avec Homère non point la vision d’Isaïe, mais les endroits rappelés ci-dessus, nous conclurons volontiers avec M. de Chateaubriand qu’Homère lui-même est effacé ; et volontiers nous dirons avec l’auteur du Génie du christianisme : « Qu’il n’y a pas de honte à la mémoire d’Homère de « n’avoir été vaincu dans de pareils tableaux que par ■ des hommes écrivant sous la dictée du ciel. Mais « vaincu, il l’est, et d’une manière qui ne laisse au- « cun subterfuge à la critique*. »
Homère vient de nous montrer Achille sauvant l’armée des Grecs et aussi le corps de Patrocle si vivement disputé par l’ennemi, et les sauvant rien qu’en poussant trois cris; le poète arrêtera maintenant l’essor de son génie et mettra un intervalle entre ces merveilles et celles qui vont suivre. Il ne veut point accabler notre faiblesse , ni user notre admiration. Il nous accordera une trêve. Achille est maintenant placé à une hauteur où notre esprit le maintiendra. Dans ce qui suit, nous le trouvons, et cela fait plaisir, plus semblable à nous, plus rapproché de notre humaine nature.
Le soleil a disparu de l’horizon et la nuit a tout envahi de ses ombres. Les combats ont cessé. Les Troyens délibèrent dans leur camp pour savoir s’il