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ce qui laisserait le centre du bouclier parfaitement libre. A mesure qu’on tournera le bouclier on aura dans chaque compartiment le sujet dans son attitude naturelle. Huit de ces cases s’élèveront de la sorte sur le bouclier d’Achille, attendu qu’il y a là, comme on le verra, huit sujets principaux. Ces observations faites, laissons Homère nous décrire toutes ces merveilles, d’après le modèle que Vulcain est censé en avoir tracé *.
« U y représente la terre, le ciel, la mer, le soleil « infatigable, la pleine lune et tous les astres dont le « ciel est couronné; les Pléiades, les Hyades, Orion, « l’Ourse, qu’on appelle aussi le Chariot, qui tourne « aux mêmes lieux en regardant Orion; seule, elle ne « se baigne point dans les flots de l’Océan *. »
Heyne a remarqué ingénieusement 8 , au sujet de ce premier morceau, que lés àrts comme la poésie primitive semblent avoir débuté par les détails cosmogoniques. Si les premiers poètes ont chanté la nature avec ses divers phénomènes célestes, de même ici l’artiste qui s’appelle Vulcain, frappé, comme on
1. Heyne a poussé le scepticisme jusqu’à avancer que chacune des descriptions composant l'ensemble du bouclier d’Achille, pouvaitêlre dueàunrapsode différent, demêmeque le récitdes divers jeux célébrés sur le tombeau de Patrocle au vingt-troisième chant, pouvait être l’œuvre de poètes divers. C’est pousser un peu trop loin le système des interpolations, et si nous citons ici cette opinion de Heyne, c’est pour en faire ressortir l’exagération. Sans nier qu’il y ait dans V Iliade bien des passages intercalés, — nous en avons parlé dans notre avant-propos, — on peut dire que tout ce qui se rapporte à la description du bouclier d’Achille, est tout à fait digne du génie d’Homère qui, dans son universalité, embrassait les choses les plus diverses. Interprète de la nature, son langage et son imagination sont riches et variés comme elle.