‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 8 sur 138 · Iphigénie, act. IV, sc. vi · texte numérisé non relu

Iphigénie, act. IV, sc. vi

Rien de beau et en même temps de passionné comme la réplique d’Agamemnon dans Homère. Ce n’est plus de l’épopée, c’est du drame Achille, on se le rappelle, avait menacé le roi de s’en retourner sans retard avec ses soldats dans la Thessalie. Agamemnon lui répond :

« Fuis donc, si ton cœur te pousse à la fuite. Je ne « te prie point de rester ici pour ma cause ; assez « d’autres sont près de moi qui m’honoreront, et « surtout le grand Jupiter. De tous les rois, ses en- « fants, tu m’es le plus odieux. Tu ne respires que « discordes, guerres et combats. Si tu possèdes plus « de force, c’est un dieu qui te l’a donnée. Ramène « dans ton pays tes vaisseaux et tes compagnons et « va régner sur les Myrmidons. Je ne me soucie en « aucune façon de toi ; ta colère ne me touche pas et « je te brave encore par cette menace *. »

Racine, en imitant encore ce morceau, en a fait le meilleur des commentaires :

Fuyez donc, retournez dans votre Thessalie ,

Moi-même je vous rends le serment qui vous lie ;

Assez d’autres viendront à mes ordres soumis Se couvrir des lauriers qui vous furent promis ,

Et par d’heureux exploits forçant la destinée Trouveront d’Ilion la fatale journée,

J’entrevois vos mépris et juge à vos discours. .. . Combien j 'achèterais vos superbes secours .

Fuyez, je ne crains point votre impuissant courroux Et je romps tous les nœuds qui m’attachent à vous*.

Et dans Homère, Agamemnon achève d’allumer

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