Ruth, ch. n
ÉTDDES SUR HOMÈRE. 2<i9
La scène des vendanges est encore d’une grande vérité et d’un grand charme; et quelques traits suffisent à Homère pour cette peinture. Les scènes de la nature sont du reste les mêmes dans tous les temps; après le travail des vendangeurs, viennent les plaisirs, les chants, les cris de joie et les danses au son de la musique. Dans tous les pays vignobles , les choses se passent ainsi. Un poète du siècle dernier semble s’être inspiré d’Homère , quand parlant des vendanges , il dit:
« Mais déjà vers la vigne un grand peuple s’avance ;
« 11 s’y déploie en ordre et le travail commence.
« Le vieillard que conduit l’espoir du vin nouveau « Arrive plein de joie au penchant du coteau,
« Y voit l’heureux Lindor et Lisette charmée « Trancher au même cep la grappe parfumée ;
« Il chante leurs amours et le dieu des raisins :
« Une troupe à leur voix répond des monts voisins;
« Plus loin le tambourin, le fifre et la trompette « Font entendre des airs que le vallon répète.
« Cependant les chansons, les cris du vendangeur « Fixent au coteau les regards du chasseur.
« Mais Te travail s’avance et les grappes vermeilles « S’élèvent en monceau dans de vastes corbeilles. «‘Colin, le corps penché sur ses genoux tremblants,
■ De la vigne au cellier les transporte à pas lents ;
* Une foule d’enfants autour de lui s’empresse c Et l’annonce de loin par des cris d’allégresse ‘. »
Des scènes analogues se passent tous les ans pendant la saison des vendanges; et s’il nous était permis de faire intervenir ici un souvenir d’enfance, nous rappellerions au lecteur que plus d’un trait du tableau d’Homère se renouvelle chaque année dans