‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 84 sur 138 · II., XXII, v · texte numérisé non relu

II., XXII, v

la mort d’Hector) lui défendait de représenter, à savoir, la prise de Troie, sa chute, le sort de Priam et de sa malheureuse famille. En écoutant ces lamentables paroles de Priam, on se reporte involontairement à cette nuit de fête et de sang,

Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle.

et qu’avant Racine, les tragiques Grecs et particulièrement Euripide 1 avaient peinte avec des traits si vifs et si touchants. Quand , dans Homère , on entend Priam déplorer à l’avance l’invasion de son palais, la cruauté des Grecs, la mort de ses fils et de ses petitsfils, la captivité de ses filles et de ses brus, on songe involontairement au déchirant tableau de la chute d’Ilion, tel que l’a retracé, quelque part, l’éloquent auteur de Y Enéide. Virgile ne fait que traduire Homère. C’est le même mouvement, ce sont les mêmes couleurs 1 .

Le dernier trait du tableau d’Homère, trait d’une si naïve hardiesse, d’üne si énergique vérité, rappelle un passage de la Bible* dont Racine s’est inspiré

Page 1